Le Matin d'Algérie

Ban Ki-moon va enquêter à Alger : l’aval de Bouteflika ?

Curieusement, le seul organe de presse algérien à rapporter l’information sur la décision de l’ONU de nommer un groupe d’enquête indépendant sur les attentats d’ Alger du 11 décembre a été ….El-Moudjahid. A la une du quotidien gouvernemental, la photo de Ban Ki-moon côtoie celle de Bouteflika et le titre y est généreusement annoncé : « Attentats d’Alger du 11 décembre 2007 : Ban Ki-moon désigne une équipe d’enquête indépendante »

Pourtant, la décision du Secrétaire général de l’ONU est un coup rude pour l’image du pays, une vraie gifle, et ses conséquences sont imprévisibles (lire l’éditorial).

Ban Ki-moon parle « d’établir tous les faits concernant l’attaque d’Alger », ce qui signifie qu’il est convaincu que le pouvoir algérien a dissimulé des vérités à l’opinion. Lesquelles ? Et pourquoi le quotidien gouvernemental El-Moudjahid, si prompt d’habitude à brocarder les attaques contre l’Etat algérien, a-t-il mis en exergue cette information dommageable pour le prestige du pays ? Quand on connaît l’inféodation du journal à la présidence de la république, on est tenté de donner deux conclusions qui coulent de source : l’initiative de Ban Ki-moon est une aubaine pour le candidat-président Abdelaziz Bouteflika ; Alger va très probablement accepter de « coopérer » avec l’ONU.

Car dans le jeu politique opaque du sérail algérien, Bouteflika a tout à gagner d’une enquête de l’ONU : les suspects se trouvent dans le camp de la hiérarchie militaire où certains ne lui veulent pas que du bien. L’enquête de l’ONU fragilise ses derniers grands opposants. Mieux : en acceptant de coopérer avec Ban Ki-moon, le candidat-président requinque son image à l’extérieur. En pleine bataille pour le troisième mandat, ce n’est pas négligeable.

Le Matin

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