Le Matin d'Algérie

L'Emir Abdelkader et la révolution, nos lecteurs commentent

La lettre de Nacer Boudiaf à Sid Ahmed Ghozali a fait déborder le débat sur la Révolution. Un sujet qui interpelle plus d’un Algérien.Et suscite débats, voire des polémiques. A chacun son opinion sur ce grand sujet.

Réponse à Rabah Benali :

Un : « Il est temps à présent d’informer les générations montantes que c’est les parties du peuple amazigh échappées à l’envahisseur destructeur hillalien qui ont fait le boulot. (Aurès – Kabylie – Nord constantinois – contrées du sud). Pendant ce temps, les autres parties de ce même peuple amazigh intensément et profondément pollués et gangréné à la sauce arabo-tchektchouka s’interessait plutôt au pekho et à la hamamologie. » En réponse : ci-après un commentaire en réponse à un ignorant posté dans un autre forum (Algérie-RCD-Histoire: Graves propos de Noureddine Ait Hamouda à l’encontre de l’Emir Abdelkader, Messali El Hadj et Houari Boumediene – 7 nov 2009) : « Vous savez que le « civilisateur » français a utilisé plusieurs moyens dans son œuvre de massacres de populations désarmées. A votre avis, entre le bombardement aveugle perpétré à plusieurs mètres du sol de votre village de Kabylie, et l’enfumade dans une grotte, froidement organisée et exécutée avec le cri et les râles des suppliciés, quel est le plus atroce ? Avez-vous entendu parler de l’enfumade du Dahra intervenue en 1845 ? Cette enfumade qui a causé un millier de victimes et qui a eu lieu à 20 klms de mon village, à une époque où il n’y avait ni Egypte, ni armes à attendre de sa part, ni la réconfortante « Voix des Arabes« , ni le soutien des autres pays arabes, ni la chaude alliance du camp communiste (URSS, Chine, etc…), ni ONU, ni presse internationale, etc…Les troupes françaises avaient carte blanche et tuaient sans compter, sans rendre compte à personne. L’enfumade du Dahra n’était pas un cas isolé, loin s’en faut. Cette politique de la terre brûlée et du massacre des civils découlait de la stratégie des envahisseurs pour décourager les combattants algériens et les pousser à déposer les armes, stratégie bien illustrée par la déclaration suivante du Commandant en chef des troupes françaises, le Maréchal Bugeaud : « Peut-on courir partout à la fois ? Peut-on parer tous les coups d’aiguillon ? Evidemment non ! Mais, on peut poursuivre et atteindre les populations qui lui fournissent des cavaliers et des ressources… Et l’Emir ne trouvera partout que misère et désolation. » Malgré cette politique de massacres systématiques, l’Emir a tenu la dragée haute à la France durant 15 longues années (1832/1847), la moitié de la population de la région ouest a péri, chiffre supérieur à l’ensemble des pertes subies par toutes les régions lors de la guerre de libération nationale 54/62. » Pendant que les amazighos-hillaliens de l’Ouest se battaient tragiquement seuls pendant 17 longues années, que faisaient nos frères (Aurès – Kabylie – Nord constantinois – contrées du sud) ?

Deux : « Les plats à la sauce pseudo-révolutionnaire de combattants de l’ombre planqués dans des hammams – boxants d’Oujda et d’ailleurs. » où toutes les régions étaient dignement représentées, cher ami.

Trois: « Comme il est aussi malhonnête d’essayer de persuader ces générations de l’idée que des centaines d’écrits d’origines multiples retraçant des vérités historiques sur le passé récent de leur pays ne sont que «sornettes d’analystes» égarés. » Oui, je maintiens que l’histoire de la presse française qui a fabriqué Ben Bella est une sornette, quel que soit mon désaccord sur le parcours de Ben Bella après l’indépendance, explication au point cinq.

Quatre : « La nomination (symbolique) du caporal de Monté Cassino au poste de deuxième vice-président du GPRA » Erreur, elle n’était pas symbolique : elle signifiait que si Ben Bella était libre, c’est lui qui aurait eu la présidence du GPRA, c’est cela ce que cela veut dire. Cela veut dire aussi que le vrai Coordonnateur du 1er Novembre, c’était Ben Bella et non Boudiaf, sinon, pourquoi, les instances de la Révolution lui ont-ils donné la prééminence.

Cinq: « Une action politique et psychologique intense. A l’action psychologique appartient aussi la diversion et la désinformation. » Mais alors, comment expliquer qu’Abane Ramdane et Messali Hadj, soient eux aussi tombés dans le panneau : le premier, dans la préparation du Congrès de la Soummam, demandait à la Délégation extérieure d’envoyer deux délégués en disant « Envoyez de préférence Ben Bella et Aït Ahmed, ou Ben Bella et Khider (source : Le courrier Alger-Le Caire page 169) et le deuxième Messali dans ses négociations avec le FLN instruisait ses collaborateurs comme suit « Cette réponse ne peut être remise qu’à Ben Bella, car le parti ne peut, en aucun cas, discuter avec le FLN par personne interposée. » (Source : Les archives de la Révolution algérienne de Mohamed Harbi, page 125). Messali et Abane menés en bateau par les services français, quel roman ? Avec une pareille supposition, on peut dire n’importe quoi.

Afif Haouli

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