Le Matin d'Algérie

Aïcha Kadhafi veut informer la CPI sur le cas de Seif al-Islam

Aïcha Kadhafi est décidément intenable. Après ses déclarations tonitruantes sur le CNT, elle concentre ses efforts pour sauver la tête de son frère, Seif Al Islam.

De sa résidence algéroise, la fille du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi, Aïcha, ne compte pas lâcher son frère emprisonné en Libye. Elle veut fournir des informations « concrètes » à la Cour pénale internationale (CPI) en lien avec son frère Seif Al-Islam, soupçonné de crimes contre l’humanité, a annoncé mardi la CPI.

« Aïcha Kadhafi souhaite fournir des informations concrètes, dont elle pense qu’elles aideront la chambre préliminaire à déterminer la marche à suivre appropriée », a indiqué Nick Kaufman, l’avocat d’Aïcha Kadhafi, dans un document transmis à la CPI, qui l’a ensuite rendu public. « Ces informations (…) aideront la chambre préliminaire à déterminer si les autorités libyennes désirent vraiment fournir à Seif al-Islam une représentation légale efficace ou lui accorder un procès équitable », a poursuivi la même source.

Aïcha Kadhafi a donc demandé à la CPI la permission, « à titre exceptionnel », de transmettre à la cour ces informations en tant qu' »amicus curiae » (ami de la cour, ndlr), selon le document, afin de « protéger les intérêts de son frère ». Le Conseil national de transition (CNT) libyen avait informé la CPI, dans une lettre publiée le 24 novembre 2011, que la Libye souhaitait juger elle-même Seif Al-Islam, soupçonné par la CPI de crimes contre l’humanité commis depuis le 15 février 2011 au moment de la répression de la révolte populaire en Libye.

La cour avait ensuite démenti, le 23 janvier, avoir pris une décision sur l’organisation d’un procès de Seif Al-Islam Kadhafi en Libye devant un tribunal libyen, contrairement à ce qu’avait annoncé le ministre libyen de la Justice.

Le 27 juin 2011, la CPI avait émis un mandat d’arrêt contre Seif Al-Islam, 39 ans, arrêté le 19 novembre 2011 dans le sud de la Libye et détenu à Zenten, à 180 km au sud-ouest de Tripoli.

Aïcha, ses frères Mohamed et Hannibal, sa mère Safiya et de nombreux autres membres de la famille, surtout des enfants, ont été autorisés fin août à entrer en Algérie, pour des « raisons strictement humanitaires », selon Alger. Les déclarations de Aïcha contre les nouvelles autorités libyennes ont fait sortir le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, l’automne dernier. Aussi plusieurs informations avaient circulé sur un probable nouvel exil de la famille Kadhafi. Le Venezuela et l’Afrique du sud avaient été évoqués. Mais jusqu’à présent la famille du dictateur déchue profite des bonnes grâces des autorités algériennes. Judsqu’à quand ?

Y. K/ AFP

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