Le régime algérien est un régime pervers, machiavélique et sans pitié. Ses barrons veulent gagner du temps pour mieux organiser leur départ.
Les dernières manœuvres de la grande muette sont éloquentes. Si le Qatar rachète ouvertement des banques et des sociétés européennes au bord de la faillite, les barrons d’Alger, entourés des plus grands experts de la haute finance, rachètent, eux aussi, mais secrètement et avec l’argent du peuple, des banques et des sociétés européennes au bord de la faillite.
L’Europe, quant elle, soucieuse en premier lieu du bien-être de ses citoyens, met au frigo ses belles valeurs (démocratie et droits de l’homme), pour se réjouir de cet argent tombé à point nommé du ciel algérien. Il semble que la crise économique et financière internationale, comme l’avait été le 11 septembre 2001, est une aubaine pour le général Toufik Mediene et ses collègues, Khaled Nezzar, Mohamed Lamari et le nouveau venu, l’explosif Tartage ainsi qu’une poignée d’autres généraux.
Comme pour le taureau, le rouge, contrairement à une idée reçue, n’excite pas le régime car il ne le voit pas, et c’est précisément pour cette raison là qu’il est aveuglément résolu à vider l’Algérie jusqu’à la dernière goutte de sang. Seulement voilà, il oublie ou feint d’oublier un paramètre de taille qui échappe presque à l’exactitude de l’arithmétique des experts payés à coup de millions d’euros pour tenter de satisfaire la boulimie de ce régime agonisant. Il s’agit d’un paramètre plus explosif que le général Tartag, celui de ces jeunes Algériens, à peine sortis des fœtus durant la décennie sanglante, ils ont 20 ans aujourd’hui et un sang neuf, prêts à venger leurs aînés, saignés à blanc et épuisés par une guerre de 10 ans.
Faisant allusion à ces jeunes, un bloggeur actif me disait qu’ils sont « full options, chargés à bloc et inépuisables« . Ajoutant : « Les généraux dégageront, c’est juste une question de temps,… » Le temps où vous parvienne l’écho d’une voix lointaine mais assourdissante : one, two, three, à bas Bouteflika, à bas les généraux, à bas la dictature! A cet instant là, vous réaliserez que ces vagissements sont les signes avant-coureurs, d’une naissance quand bien même post-mature, d’un peuple libre de son destin, d’un Etat de droit, civil, garant d’une authentique démocratie et d’une armée qui prend à cœur sa vocation, celle de protéger ses citoyens et le territoire algérien contre toute agression extérieure.
Lila Haddad
