Le Matin d'Algérie

Projecteur sur le sursaut de la question amazighe

Pour la première fois dans la capitale française et devant l’Assemblée nationale, les Amazigh se sont manifestés comme un peuple déterminé à arracher sa liberté.

Depuis la chute de la Jamahiria de Kadhafi, le Conseil national de transition (CNT) ne s’est toujours pas installé à Tripoli pour construire l’État libyen nouveau avec ses institutions, son administration, son drapeau et son armée. L’obstacle : le contrôle de la capitale par une dizaine de katibas (brigades) regroupant des milliers de thowars (« combattants révolutionnaires« ) amazigh armés du djebel Nefoussa et de Zenten, verrou stratégique au sud de Tripoli.

Argent qatari contre combattants de Nefoussa

En accord avec Moustapha Abdeljalil, le président du CNT, Abdelhakim Belhadj qui s’est autoproclamé gouverneur militaire de Tripoli, n’a pu s’imposer, malgré le flot d’argent qatari et l’arrivée de nombreux prédicateurs islamistes. En visite à Tripoli les 14 et 15 décembre, Alain Juppé était chargé d’une mission, approuvée par Paris, Londres et Washington : réaliser le « dialogue interlibyen« , à savoir la dissolution des milices et l’intégration des thowars dans une armée nationale. Servile, le CNT a nommé Youssef Al-Mankouch, originaire de Misrata, commandant en chef de l’armée, mais en cohabitation avec Oussama Al-Jouili, le ministre de la Défense venu des rangs de Zenten. De façon claire, il existe maintenant en Libye un double pouvoir : celui du Congrès national amazigh libyen (CNAL) avec son gouvernement, sa constitution, son programme, son drapeau et son armée et le CNT partisan d’un Etat régi par la charia et où seule l’arabité aura droit de cité.

De ce fait, le problème à résoudre ne concerne plus seulement la formation d’un Etat libyen unifié, la reconstruction du pays et l’exportation du pétrole, car l’incendie amazigh s’est propagé dans toute l’Afrique du Nord et le Sahel. Mieux encore, il est entré par la grande porte dans la vie politique française en pleine campagne électorale pour les présidentielles.

Jacques Simon

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