Inquiet par l’envergure de la protestation syndicale qui se prépare sous la direction des syndicats autonomes, le gouvernerment tente de parasiter le terrain et de faire diversion avec des « organisations maison » crées pour dévoyer les luttes sociales. Rodés aux manoeuvres des pouvoirs publics, les syndicalistes autonomes dénoncent d’une même voix ce scénario.
Le secrétaire général du Satef, syndicat autonome membre de l’intersyndicale de la fonction publique, a dénoncé au cours d’une conférence de presse tenue en marge de l’intersyndicale consacrée à la préparation des deux journées de protestation les 12 et 13 janvier prochains, la création de toute pièce par les pouvoirs publics des syndicats chargés de parasiter le camp syndical autonome, de diluer ou de stopper la montée de la contestation sociale.
Le responsable du Satef a rappelé les tentatives des autorités à manipuler le champ syndical autonome en exfiltrant des organisations fantoches afin d’empêcher le champ social de s’organiser et de s’émanciper et pour étouffer toute contestation. Ce scénario se vérifie cette fois encore, selon lui les autorités concernées tentent d’organiser la diversion face à la mobilisation qui s’annonce en perspective des deux jours de protestation auxquelles ont appelé les membres de l’intersyndicale de la fonction publique. «D’autres actions sont prévues pour la deuxième quinzaine de janvier et qui sont annonciatrice d’une lutte durable et déterminée » dira Sadali qui expliquera que la montée au créneau des organisations syndicales de la fonction publique vise à dénoncer la dégradation de la situation sociale caractérisée par le recul alarmant du pouvoir d’achat non pris en charge par la grille des salaires.
De son côté, dans un texte rendu public hier, la Coordination des lycées d’Algérie a pointé du doigt la stratégie du ministère de l’éducation nationale qui « vient de tenter une manœuvre de diversion juste après la proclamation de la grève du 15 janvier prochain.La déclaration dénonce la » démarche discriminatoire » de la tutelle qui s’est précipité à remettre aux syndicats « agréés » la mouture du statut particulier élaboré unilatéralement en catimini, leur demandant de formuler, à la hâte, leurs propositions et suggestions, et ce pour faire croire à l’opinion publique en un semblant de démarche de concertation, et tenter de semer le doute auprès des travailleurs de l’éducation dans l’espoir d’étouffer ce large mouvement de protestation qui se dessine à l’horizon de cette nouvelle année. »
Déçu par la nouvelle grille des salaires ainsi que l’avant projet de loi du statut particulier de l’éducation, qui ne prend pas en considération les aspirations et les attentes de la famille de l’éducation, le Conseil des lycées d’Algérie se dit plus que jamais convaincu de la nécessité de mener un large mouvement de protestation
