Le Matin d'Algérie

Un Algérien et un Soudanais quittent la mission de la Ligue arabe en Syrie

Décriée par plusieurs pays et l’opposition syrienne, la mission des observateurs connaît ses premières fissures.

Alors que le régime poursuit la répression des manifestations, les observateurs de la Ligue arabe s’étrippent et s’enfoncent dans une polémique stérile. Ce qui du coup arrange bien les affaires du régime de Damas.

Deux des cent soixante observateurs envoyés en Syrie par la Ligue arabe ont quitté leurs fonctions, a indiqué, jeudi 12 janvier, l’organisation panarabe, imputant ces départs à des raisons personnelles ou de santé, et mettant en cause les déclarations de l’un d’eux.

« Deux observateurs se sont excusés, un Algérien et un Soudanais« , a déclaré à des journalistes le chef des opérations en Syrie, Adnan Khodeir, au siège de la Ligue, au Caire. Il a assuré que l’observateur algérien avait quitté ses fonctions « pour raisons de santé« , et que son collègue soudanais « rentrait dans son pays pour raisons personnelles« . Pourtant, Anouar Malek était en forme lors de son témoignage. Cela prouve au moins que les raisons qu’avance Adnan Khodeir ne tiennent pas la route. Et que la mission se fissure. Les jours prochains révéleront si tous les observateurs seront toujours là à jouer le jeu du régime syrien. Autrement dit à se contenter de suivre les guides et les itinéraires décidés par Damas.

Contrairement aux déclarations de Khodeir, l’observateur algérien, Anouar Malek, a annoncé sa démission de l’équipe mercredi, après qu’il se fut rendu à Homs (Centre). M. Malek a assuré à la chaîne al-Jazira, avoir assisté à un « désastre humanitaire ».

« Ce n’est pas un crime de guerre, mais plusieurs que le régime est en train decommettre contre son peuple » a-t-il dit, ajoutant que la mission de la Ligue arabe s’apparentait à « une farce ». M. Malek a affirmé par ailleurs que plusieurs de ses collègues avaient fait de même.

« Trois personnes se sont retirées de la mission avant mon arrivée. Un observateur égyptien a quitté Damas en même temps que moi, le 6 décembre, et un Marocain nous avait précédés. Un observateur de Djibouti a également décidé de partir », a-t-il affirmé à l’AFP.

Le chef de la mission d’observation, le général soudanais Mohammed Ahmed Al-Dabi, a toutefois déclaré dans un communiqué que « les déclarations d’Anouar Malek sur une chaîne satellitaire sont sans fondement« . « M. Malek était déployé avec une équipe à Homs, mais pendant six jours il n’a pas quitté sa chambre et ne s’est pas joint aux autres membres sur le terrain, prétextant qu’il était malade« , a-t-il ajouté.

Selon le général Dabi, M. Malek avait demandé à aller à Paris pour y être soigné, mais est parti sans attendre l’autorisation. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, a pour sa part déclaré sur une chaîne de télévision privée égyptienne que les rapports qu’il recevait du général Dabi sur la mission étaient « extrêmement préoccupants« .

La Ligue arabe a décidé, mercredi, de surseoir à l’envoi de nouveaux observateurs en Syrie après une attaque contre la mission lundi, au cours de laquelle trois d’entre eux ont été légèrement blessés. Dimanche, la Ligue avait décidé de renforcer sa mission, pourtant critiquée par l’opposition pour son incapacité à faire cesser la répression par le régime de la révolte populaire, en envoyant des observateurs en renfort

Y.K/AFP

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