Abdou. B vient de mourir. Il nous quitte comme on a coutume de dire.
Abdou c’est ce Monsieur qui a toujours été animé par la volonté de libérer les Algériens. Il a été militant communiste, parfois retourné droitier mais toujours digne. Il a été professeur de journalisme, il a formé les meilleurs, il a été chroniqueur, il a été reporter et, surtout, était le meilleur directeur de la télévision algérienne. Il a donné la chance aux novateurs. Bien avant ça monsieur Abdou B a été directeur de la revue Les deux écrans, la première revue professionnelle consacrée au cinéma mondial. Abdou B a croisé absolument tous les plus grands réalisateurs du monde, dans toutes les capitales du monde. Abdou B. était l’ami d’Ettoré Scola, de Wim Wenders, de Spielberg, de Tarantino …
Abdou B. a mis son corps au service du cinéma algérien et du cinéma mondial. Il a fait tous les festivals de Cannes. Il a assisté à toutes les batailles vécues par les Algériens, notamment celle qui concerne les droits de l’Homme. Il était le premier vice-président de la première Ligue des droits de l’Homme en Algérie. Ce Monsieur qui a formé énormément de journalistes, lorsqu’il était professeur à l’Institut d’études politiques d’Alger, vient de nous quitter.
Le quotidien d’Oran où il était chroniqueur avant sa mort se souviendra de sa plume méchante, juste. Abdou B. a été le seul directeur général de la télévision algérienne à vouloir changer les choses. Il a ramené du sang neuf, on l’a renvoyé vers les vieilleries algériennes.
L’Algérie restera vieille. Abdou B. restera jeune même s’il est mort aujourd’hui.
Au revoir frère.
Méziane Ourad
