Le terrible drame a eu lieu dans cette ville qui avait accueilli il y a quelques jours le président Bouteflika.
Un jeune âgé de 25 ans a tenté de s’immoler par le feu après s’être vu refuser le dépôt de sa plainte par un policier à Ouargla (800 km au sud d’Alger), a annoncé un responsable de Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC).
Selon Tahar Belabès, coordinateur national du CNDCC, « il a été déposer plainte pour le vol de sa mobylette mais le policier qui l’a reçu au commissariat du 7e arrondissement de Ouargla a refusé de l’enregistrer« . Selon ce coordinateur, le jeune serait revenu au commissariat où il aurait tenté de s’immoler. Brûlé au 3e degré, il est soigné à l’hôpital de Douéra à Alger et serait dans le coma, a-t-il précisé.
Ces gestes d’une extrême violence sont devenus monnaie courante depuis janvier en Algérie et ont touché y compris des lycéens. La semaine dernière c’était un jeune de la localité d’Akbou (Béjaïa) qui s’est immolé. Et quelques jours avant, une jeune femme de 32 ans a tenté aussi de mettre fin à ses jours avec le feu à Oran car les autorités locales ne voulaient pas prendre en charge sa demande. En Algérie, le taux de chômage chez les jeunes, qui atteignait 50% il y a dix ans, est de 21%, selon le Fonds monétaire international (FMI). Avec l’enrichissement rapide d’une certaine catégorie de personnes, l’injustice manifeste à tous les étages du pouvoir, on voit vite que les ingrédiens pour accomplir des actes aussi désespérés se multiplient.
Un cas similaire en Tunisie voisine en décembre a provoqué la première révolution arabe qui a chassé le 14 janvier le président Zine el Abidine Ben Ali au pouvoir depuis 23 ans.
Yacine K./AFP