Vingt ans après, les victimes d’octobre 1988 ne jouissent toujours pas de reconnaissance officielle ! Pour l’avocat Me Mokrane Aït Larbi, cela pose un problème moral et politique. Le retard volontaire mis par les pouvoirs publics dans la reconnaissance officielle des victimes d’octobre 1988 constitue, à ses yeux, «un déni de mémoire et de justice.
Les pouvoirs publics pensent que les dossiers seront fermés, mais ils ne savent pas que le citoyen cherche toujours la vérité» , a-t-il ajouté, en indiquant que cette situation de blocage est le résultat d’un manque de volonté politique patent.
L’avocat qui répondait au Jeune Indépendant souligne que l’inexistence d’un véritable statut pour les victimes des événements tragiques d’octobre 1988 « ne concerne pas uniquement les victimes des événements d’octobre 1988, mais touche d’autres victimes, notamment celles du printemps noir et des inondations de Bab El-Oued» .
«On tire sur une personne et on verse des indemnités à sa famille. Celle-ci est en droit de poser des questions» , a-t-il estimé en précisant que les pouvoirs publics ne font que dans l’indemnisation pour apaiser les esprits sans pour autant permettre l’avènement de la vérité.
L’avocat et militant des droits de l’homme déplore en outre le fait que la société soit actuellement embrigadée à travers « la mise entre parenthèse» des acquis d’octobre, particulièrement la remise en cause de la presse privée et du multipartisme.
«Il y a un retour du parti unique avec une façade démocratique» , souligne-t-il. Sans un débat politique serein et responsable, l’éclatement de la vérité et l’apaisement des familles des victimes ne seront pas pour demain, a conclu Aït Larbi.
