Le Matin d'Algérie

Le ministère des Affaires étrangères réagit aux propos de Aïcha Kadhafi

On ne peut pas dire qu’on est réactif au ministère des Affaires étrangères. Il a en effet fallu trois jours pour que notre diplomatie retrouve sa voix et réponde à la déclaration d’Aïcha Kadhafi.

Le ministère des Affaires étrangères a déploré, jeudi à Alger, dans une déclaration de son porte-parole, Amar Belani, les propos tenus par Aïcha Kadhafi sur la télévision syrienne Errai, en les qualifiant d »’inacceptables ». Menaçant, Amar Belani avance que l’Algérie tirera « pleinement » les conséquences des nouvelles « transgressions » médiatiques d’Aïcha Kadhafi.

Dans une déclaration téléphonique à la télévision Errai, Aïcha Kadhafi a appelé, mardi, à l’occasion du 40ème jour de la disparition de son père Mouammar Kadhafi, tué le 20 octobre près de Syrte, le peuple libyen à se soulever contre le Conseil national de transition (CNT).

« Ô moudjahidin et moudjahidate, n’oubliez pas la recommandation de votre père qui dit vous demandé de poursuivre la résistance, même si vous n’entendez pas sa voix », s’enflammait au téléphone dans un délire verbale Aïcha Kadhafi depuis sa résidence en Algérie… Vengez votre martyr, soulevez-vous contre la mascarade du nouveau gouvernement qui est venu à bord d’un avion de l’Otan et s’est établi sur les crânes des martyrs ».

Même si elle n’a aucune chance d’avoir un quelconque prolongement sur le terrain, cette énième sortie n’à qu’un seul effet : mettre mal à l’aise ses hôtes vis-à-vis des autorités libyennes.

« Nous déplorons ces propos inacceptables tout comme nous déplorons vivement le fait que Aïcha Kadhafi ait enfreint, pour la seconde fois, les règles de l’hospitalité qui lui est accordée, à titre humanitaire, en Algérie », a affirmé M. Belani, dans sa déclaration.

« Comme l’avait souligné le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, la famille Kadhafi est l’hôte de l’Algérie, pour un temps, et nous ne manquerons pas de tirer pleinement les conséquences de cette nouvelle transgression de l’obligation de réserve qu’impose le statut des membres de cette famille en Algérie », a ajouté le porte-parole des MAE.

Ce n’est pas la première fois que la fille de Mouammar Kadhafi s’est exprimée sur Erraï. En septembre, Aïcha Kadhafi avait déjà qualifié les nouvelles autorités libyennes de « traîtres ». Le chef de la diplomatie Mourad Medelci avait alors jugé ces propos « inacceptables », estimant que la fille de Mouammar Kadhafi, chassé du pouvoir fin août et tué le 20 octobre, ne tenait pas compte de ses « devoirs » de réserve envers son pays d’accueil. Aïcha Kadhafi fait peu cas du ministre des Affaires étrangères. Intenable, elle rue dans les brancards avec le risque de gêner le rétablissement de relations sereines entre Alger et Tripoli

Les relations entre l’Algérie et le CNT ont été longtemps tendues et l’Algérie a traîné pour reconnaître longtemps le CNT. Pour le moment les nouvelles autorités libyennes n’ont pas réagi aux déclarations de la fille de l’ancien dictateur.

Yacine K./APS

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