Le président Abdelaziz Bouteflika emboite le pas au royaume marocain qui appelé à une « normalisation » des relations bilatérales dans le contexte des révolutions arabes et des élections législatives à venir.
Le chef de l’État algérien s’engage à œuvrer pour « un avenir reposant sur la coopération, la solidarité et le bon voisinage ». Abdelaziz Bouteflika tend la main au roi du Maroc Mohamed VI appelant, à travers une déclaration, à une normalisation des relations maroco-algériennes, le 6 novembre 2011, lors de son discours du 36e anniversaire de la « Marche verte », à construire un « Maghreb nouveau« , se déclarant favorable au « raffermissement des relations de fraternité et de coopération entre nos deux pays et peuples frères au mieux de nos intérêts mutuels. »
Ces déclarations de bonnes intentions interviennent au moment où des milliers de manifestants marocains ont battu le pavé ces derniers jours à Rabat pour appeler au boycott des législatives, dans le contexte des révolutions arabes. Le royaume du Maroc avait pris les devants par l’annonce d’une nouvelle constitution qui consacre, entre autres ouvertures démocratiques, l’officialisation de la langue amazighe, craignant, dans l’éveil des revendications amazighes en Tunisie et en Lybie, un soulèvement du Rif comme au temps d’Abdelkrim, une région berbérophone qui vit dans la précarité. Le Maroc et l’Algérie veulent ainsi, en tant que pays ayant échappé à la tornade des révolutions arabes, se prêter mains fortes en vue de préserver un « bon voisinage » toujours fragile et de promouvoir un » nouveau Maghreb« , entendu en décalage des révolutions ayant précipité la chute de Ben Ali, de Kadhafi et de Mobarek. En Algérie, l’approche des législatives de 2012 mobilisent les islamistes confortés par la victoire d’Ennahdi en Tunisie aux élections pour la constituante, soulève des guéguerres partisanes au sein du FLN, mobilise le tiers présidentiel qui vole au secours des réformes » de Bouteflika et fait oublier la menace terroriste de l’Aqmi.
R.N et agences
