Les caisses sont donc vides ! Un des rares trophées de l’ère Bouteflika vient de s’avérer factice : les énormes réserves de change ne sont qu’illusions. Et c’est un proche du président, Abdelhamid Temmar, qui l’annonce ! «Tout ce qui a été gagné de la flambée des prix du brut est engagé dans la construction des infrastructures du pays, soit 80 milliards USD sur les 140 prévus pour le programme de soutien à la croissance économique prôné par le président de la République. L’Etat n’a plus d’argent. Et si le prix du baril baisse à moins de 60 dollars, nous n’arriverons pas à financer le reste de ce programme».
Faut-il croire que les immenses « réserves » se sont évanouies dans la nature ?
Ou bien faut-il se résigner, comme le fait remarquer un lecteur, que le régime Bouteflika aura son scandale comme Chadli avait « son » scandale des 26 milliards ?
Qu’avez-vous fait des recettes pétrolières, M. Bouteflika ? Qui va croire aux sornettes de M. Temmar dans un pays où tout est décidé dans l’obscurité ?
Car enfin, si les comptes étaient si aléatoires, pourquoi avoir engagé ces dépenses de prestige, comme le fait remarquer Ali Rachedi ? Pourquoi consacrer près de 4 milliards de dollars pour la mosquée d’Alger ? Pourquoi avoir remboursé par anticipation la dette extérieure pour se retrouver ensuite en faillite ?
Qu’avez-vous fait des recettes pétrolières, M. Bouteflika ? Qu’est-ce donc ces « construction des infrastructures du pays » qui ont coûté 80 milliards USD ? Où est donc ce fameux « programme de soutien à la croissance économique prôné par le président de la République ? » De la poudre aux yeux qui a servi à « passer » l’argent dans des comptes occultes !
« L’Etat n’a plus d’argent. » Voilà une façon de préparer l’opinion au pire : les deniers de l’Etat ont été « sucés » autant par la corruption des contrebandiers que par la mauvaise gestion du pouvoir.
Le régime ne peut pas s’en tirer comme ça ! Il lui faut s’expliquer. Il lui faut répondre à cette question : Qu’avez-vous fait des recettes pétrolières, M. Bouteflika ?
Lahouari K.
