Le Matin d'Algérie

DANS LA BOITE A LETTRE : "Bouteflika l’a tuer"

Avec cette interview, Khadra n’a pas encore mesuré les dramatiques conséquences de son « abdication khobziste » à Bouteflika et au régime. Le CCA de Paris est un tombeau de la culture algérienne que ce pouvoir d’incultes sait si bien construire. En acceptant de s’y installer, Yasmina Khadra s’est enterré. Il n’y survivra pas. Nous tous opposants au régime avions besoin de Khadra, un des rares intellectuels écoutés qui arrive à se créer des espaces d’expression internationale, comme cette lumineuse chronique dans El Pais. Bouteflika l’a bien compris. Pour éviter le renouvellement de l’épisode Benchicou qui a terni son 2ème mandat, il a pris les devants pour faire taire Khadra avant d’entamer son 3ème. Le contenu de cette interview démontre que Khadra est peut-être talentueux du verbiage, mais n’a pas d’intelligence stratégique. Il se complait dans une position égoiste du présent. L’imposteur Bouteflika sait au fond de lui-même que les algériens qui le connaissent gardent de lui l’image de la « bonniche » de Boumediene, comme cette autre image d’un certain « parapluie ». Il n’a jamais fait d’études, il hait les intellectuels et il le montre. En nommant Khadra au CCA, il lui donne le baiser fielleux de la mort. Tout le blabla intello-culturel de cette interview n’a aucun sens. C’est un peu de pipi en plus dans l’immensité de notre désert. Des algériens ont faim, n’ont pas de toit ni de dignité et savent que ce sera encore pire. Khadra, tu as encore une semaine avant la fin de l’année pour te réveiller de ce cauchemar et démissionner. Quittes les lâches et revient parmi les braves. Après ce sera trop tard. On ne comptera plus sur toi dans notre lutte « morale » contre ce régime.

Par Saâd Lounès (dans : Yasmina Khadra explique sa nomination au CCA : « Bouteflika a demandé à me rencontrer après mon article dans El-Pais »)

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