Le Matin d'Algérie

A Paris, octobristes et Imazighen manifestent

Le tapage médiatique fait à Paris sur le massacre du 17 octobre 1961 est soutenu avec force par Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du FLN, farouche défenseur du régime de Bouteflika qui impose l’arabo-islamisme au peuple algérien.

Par ailleurs, selon nos sources, des propositions auraient été faites aux organisateurs du Colloque international sur le 17 octobre, Gilles Manceron, Jean Luc Einaudi comme à Médiapart qui organise avec Benjamin Stora et Stéphane Hessel un débat sur cette question, pour les inviter à venir dénoncer le massacre du 17 octobre 1961 au Salon international du monde musulman qui se tiendra du 23 au 25 décembre 2011 au parc des Expositions du Bourget.

Le logo du site organisateur: un minaret accolé à la Tour Eiffel entouré du croissant islamique manifeste une intention certaine de surfer sur l’indignation créée parmi les enfants de l’immigration maghrébine contre la police et l’État français, pour détricoter le modèle républicain et son insupportable laïcité.

Ce même 15 octobre, Tamazgha a appelé tous les démocrates à soutenir les Berbères de Libye. Son appel au rassemblement, largement diffusé, présente un immense intérêt pour tout homme épris de liberté.

« Il y a sept mois, des Libyens se sont soulevés contre plus de quarante années de tyrannie d’un régime qui a reçu les honneurs des grandes démocraties au premier rang desquelles la France. Ce soulèvement leur a permis de faire tomber le dictateur et de mettre fin à son ère de discrimination, de mépris et de terreur. Si les Berbères (Imazighen) ont été ceux qui ont le plus souffert des années Khadafi, et pour cause leur existence/identité propre a été combattue par le tyran, ils sont aujourd’hui les plus déterminés à éradiquer toute forme de pensée s’apparentant à celle subie quarante-deux ans durant.

En dévoilant son projet de constitution, le CNT dévoile ses intentions de faire de la nouvelle Libye un État islamique et tout aussi méprisant à l’égard des Berbères que l’était la Jamahiriya de Kadhafi. À cela, la jeunesse berbère répond : non ! Non !ce n’est pas pour cela que Imazighen ont pris les armes. Non, la Libye qu’ils veulent voir se construire ne sera pas une démocratie de façade où des millions d’individus seront privés de voir leur langue officialisée, où la référence religieuse est omniprésente dans la constitution. Imazighen de Libye sont déterminés à construire un État laïc, démocratique, basé sur des principes de justice et d’égalité entre tous les Libyens.

Les Berbères de Libye, longtemps marginalisés, envoient ainsi un message clair au CNT : pas de Libye sans Tamazight. Ce message est adressé au CNT mais aussi au reste du monde. N’en déplaise donc à Nicolas Sarkozy qui, dans son discours du 6 septembre a fait l’éloge de la jeunesse arabe en Libye, Imazighen poursuivront leur combat pour voir leur identité berbère et non arabe reconnue et leur langue officialisée, utilisée à tous les niveaux des institutions de l’État et enseignée. Le combat continue et Imazighen de Libye ont besoin de toutes les forces vives qui croient en la justice et la noblesse de leur combat. Nous serons à leurs côtés pour porter l’ambition de toute une civilisation à retrouver sa place naturelle au sein des démocrates du monde.

C’est pour les soutenir que nous, association Tamazgha, lançons un appel au rassemblement qui aura lieu le samedi 15 octobre au Parvis des droits de l’homme à Paris à partir de 15 h. Ce rassemblement à Paris est aussi l’occasion pour nous d’interpeller les autorités françaises et à leur tête le Président de la République, afin qu’elles mettent fin à leur politique arabe, en Afrique du Nord. Cette politique est de nos jours dépassée et ne sert qu’à discréditer la France aux yeux des Berbères qui y voient du mépris et de la discrimination à leur encontre. La France doit rester une République du respect des identités et des différences.

Pas de Libye sans tamazight !

Pour un État libyen laïc et démocratique !

Pour que Tamazight soit langue nationale et officielle

Tudert I Tmazighte

Tuddert I Libya tamazight »

Ce jour-là, au Trocadéro, il était émouvant de voir cette jeunesse ardente et déterminée brandir des banderoles et des drapeaux berbères et chanter l’hymne national libyen. De voir aussi ces jeunes affirmer leur volonté de participer à la campagne des présidentielles pour en finir avec la politique arabe de la France, obstacle important à l’avènement d’États laïcs et démocratiques dans tous les pays de l’Afrique du Nord. On pouvait aussi entendre des anciens qui, se référant aux Brigades internationales qui avaient combattu le fascisme pendant la guerre d’Espagne, proposaient de suivre cet exemple et de former des Brigades internationales de Berbères et de démocrates pour affronter et terrasser l’islamo-fascisme.

Ayant connu en Algérie et en France des Brigadistes, j’ai pensé que ces jeunes Berbères renouaient le fil, sans même le savoir, avec le combat mené par l’Étoile Nord-Africaine, majoritairement formée des travailleurs kabyles syndiqués à la CGTU, qui en 1934 ont participé dans les rangs de la classe ouvrière à une lutte énergique contre les factieux, le fascisme, l’impérialisme, le racisme, l’antisémitisme et pour la défense de toutes les libertés et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes..

Ce drapeau que les Berbères ont levé pendant le rassemblement du 15 octobre, annonce une prochaine organisation de Brigades internationales pour éradiquer le fascisme vert. Au Trocadéro, les jeunes berbères n’étaient pas des indignés, mais des combattants de la liberté.

Dans ce monde barbare, ils sont porteurs d’espérance.

Jacques Simon

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