Le Matin d'Algérie

L'Iran dément avoir voulu assassiner l'ambassadeur saoudien à Washington

Les Etats-Unis accusent l’Iran d’avoir préparé un attentat à la bombe sur le sol américain contre l’ambassadeur d’Arabie saoudite.

Difficile de démêler l’écheveau de cette énière affaire qui s’ajoute à tous les contentieux américano-iraniens. Une affaire d’attentat sur le sol américain. Qui plus est contre l’ambassadeur d’un des pays les plus fidèles aux Américains : L’Arabie Saoudite. L’auteur ou les autres ? Des Iraniens, selon la justice américaine. voilà qui va compliquer davantage les relations entre l’Iran et le Royaume wahhabite.

Les faits :

Le ministre américain de la justice Eric Holder a annoncé l’inculpation de deux ressortissants iraniens accusés d’avoir tenté d’assassiner l’ambassadeur Abdel Al-Jubeir, proche conseiller du roi Abdallah. D’après M. Holder, le complot était « conçu, organisé et dirigé par l’Iran ». « Les Etats-Unis s’engagent à tenir l’Iran responsable de ses actions », a-t-il promis lors d’une conférence de presse.

Un proche collaborateur du président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait dans un premier temps immédiatement rejeté ces accusations, parlant de « scénario fabriqué de toutes pièces afin de détourner l’attention de l’opinion publique américaine des problèmes internes des Etats-Unis ». Dans une lettre adressée mardi aux Nations unies, l’ambassadeur iranien à l’ONU Mohammad Khazaee a qualifié ces accusations américaines de « conspiration diabolique ». « Dans les termes les plus forts et catégoriquement, l’Iran condamne cette accusation honteuse des autorités américaines et la considère comme une conspiration diabolique bien orchestrée en droite ligne de leur politique anti-iranienne », a estimé l’ambassadeur dans sa lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et au Conseil de sécurité.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Ramin Mehmanparast, a dénoncé lui sur la chaîne publique anglophone Press TV « un scénario monté de toutes pièces ». « Nos relations avec Ryad sont fondées sur un respect mutuel et de telles affirmations sans fondement n’auront pas aucun succès », a-t-il ajouté.

Téhéran a aussi accusé Washington de chercher à semer la division dans le monde musulman. L’ambassade d’Arabie aux Etats-Unis a d’ailleurs dénoncé « une violation odieuse » des conventions internationales et exprimé sa « gratitude » aux Etats-Unis pour avoir déjoué l’attentat. Alors que les Etats-Unis et l’Iran n’ont plus de relations diplomatiques depuis 30 ans, l’administration américaine veut « faire passer très fortement le message que ce genre d’action (…) doit cesser« , a réagi la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

L’ombre des Pasdarans

Les deux suspects poursuivis aux Etats-Unis sont accusés d’avoir préparé l’attentat depuis mai dernier. Mansour Arbabsiar, 56 ans, qui dispose de la double nationalité américaine et iranienne, a été arrêté le 29 septembre à l’aéroport Kennedy de New York, selon le ministère de la Justice. Il a brièvement comparu mardi devant un juge fédéral à New York et a été incarcéré. En jeans et chemise bleu et blanche, cet homme aux cheveux blancs avec une cicatrice sur la joue gauche n’a pas dit un mot. Il risque la prison à vie. « S’il est formellement inculpé il plaidera non coupable », a annoncé son avocat. Gholam Shakuri n’a en revanche pas été arrêté. Il est membre de l’unité Qods, les forces spéciales des Gardiens de la révolution, accusée de soutien matériel aux talibans et à d’autres organisations terroristes, selon Washington.

Les deux hommes sont poursuivis notamment pour « conspiration en vue de tuerun responsable étranger », « utilisation d’une arme de destruction massive (des explosifs) » et « conspiration en vue de commettre un acte de terrorisme international ». Après son arrestation, Arbabsiar aurait admis sa participation au complot, selon le ministère de la justice. D’après les autorités américaines, le complot aurait été piloté par les Pasdaran, les gardiens de la révolution, pilier du régime iranien, et leur branche opérationnelle, la force Al Qods. Mansour Arbabsiar aurait confié avoir été « recruté, payé et dirigé par des hommes qu’il pensait être des hauts responsables des Qods ».

L’attentat a été déjoué car Arbabsiar aurait rencontré à plusieurs reprises un informateur américain qu’il croyait être membre d’un cartel de la drogue mexicain. Ce dernier lui aurait proposé d’organiser l’attentat pour la somme de 1,5 million de dollars. Arbabsiar aurait ensuite viré 100 000 dollars sur un compte en banque américain au titre d’acompte. Un haut responsable américain a indiqué que l’assassinat aurait pu être suivi par plusieurs autres attentats. Des médias ont affirmé que l’ambassade d’Israël aurait été visée.

Avec AFP

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