Le Matin d'Algérie

L'Algérie prête à travailler avec le prochain gouvernement libyen

L’Algérie est prête à travailler avec le prochain gouvernement libyen, a indiqué mercredi à des journalistes français le ministre algérien délégué aux affaires africaines et maghrébines, Abdelkader Messahel.

« Nous nous projetons dans un avenir de coopération » avec la Libye, a déclaré le ministre en marge d’une conférence internationale sur le Sahel organisée à Alger. « L’Algérie travaillera avec le gouvernement libyen qui sera en place« , a-t-il ajouté. Cette déclaration va dans le sens des déclarations faites par Mourad Medelci, le ministre des Affaires étrangères, qui avait affirmé, juste avant la conférence de Paris sur la Libye, que l’Algérie attendait la constitution du prochain gouvernement pour relancer les relations.

« La première urgence est de construire un Etat moderne en Libye et la seconde de régler les questions sécuritaires« , a souligné Messahel en évoquant la prolifération d’armes dans la région et le retour de Libye de mercenaires armés à la solde du régime de Mouammar Kadhafi.

« La circulation des armes est beaucoup plus importante maintenant« , s’est inquiété Abdelkader Messahel en se disant également préoccupé par « le retour massif des travailleurs, surtout au Tchad et au Niger« . Des déclarations qui détonnent cependant avec la pratique. Elles sont paradoxales, dans la mesure où si l’Algérie est aussi inquiète qu’elle l’affirme, pourquoi, comme nous l’avons souligné ailleurs, elle a tourné le dos à la participation de la Libye à la conférence pour la lutte antiterroriste qu’elle organise depuis mercredi à Alger. N’était-il pas urgent d’impliquer les Libyens dans la maitrise de la sécurité dans la sous-région ?

Par ailleurs, l’Algérie, qui ne reconnaît pas officiellement le Conseil national de transition (CNT), a été vivement critiquée pour sa « stricte neutralité« . Une neutralité mise à mal après l’accueil des deux fils Kadhafi, Hannibal et Mohammed, qui ne sont pourtant pas si blancs comme neige que le prétend Alger. Aïcha qui a accouché en Algérie harranguait les foules à Tripoli en février et mars derniers promettant l’enfer à Benghazi et aux autres villes qui se sont soulevées contre le pouvoir absolutiste des Kadhafi.

De l’avis de tous les connaisseurs, les pays du Sahel sont devenus une véritable poudrière. Grand banditisme, multiplication des routes de trafics en tous genres : armes, drogues, humains. Mais ce qui donne des nuits blanches c’est surtout les anciens stocks d’armes dont une partie s’est semble-t-il volatilisé dans le Sahara.

Un centre de renseignement commun (Cemoc) à Alger avec un état-major basé à Tamanrasset. Ce centre composé du Mali, Niger, Algérie et de la Mauritanie se réunit tous les six mois. Mais pour le moment cette structure est une coquille vide, sans consistance ni prolongement sur le terrain. « Mon voeu c’est que le Cemoc, tel qu’il a été conçu, ne doit pas servir uniquement à faire des exposés à l’occasion de conférences, mais (il faut) qu’il soit opérationnel (…) explique Mohamed Bazoum, le chef de la diplomatie nigérienne. Il doit mener des opération conjointes. Jusqu’à présent, ça n’a pas été le cas« . Puis il averit : « Il faut que nous définissions les conditions de son opérationnalité, sinon cette réunion ne serait à rien« .

Y. K avec Agences

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