C’est la question qui taraude bien des esprits depuis pas mal de temps. C’est à l’aune de cette ouverture ou pas (entre autres) que le nouveau projet de loi sur l’information sera apprécié par les professionnels.
Après un silence qui aura duré des semaines, Ahmed Ouyahia, premier ministre, a évoqué de nombreux sujets mais avec un habillage lexical qui laisse cependant sur la faim ceux qui s’attendaient à être rassurés.
Tout d’abord l’avant-projet de loi sur l’information. Le premier ministre a fait comprendre, que les fuites (organisées) dans la presse sur cette nouvelle loi ne correspondaient pas du tout au fond de l’avant-projet. Mauvaise pioche ? Ce n’était donc que des leurres pour jauger voire tromper l’opinion. Sinon pourquoi alors le gouvernement a laissé courir de fausses informations sans les démentir ?
Cela dit, Ouyahia a déclaré que l’avant-projet porté par Nacer Mehal a été revu et corrigé de fond en comble, précisant qu’«il n’y a plus de dispositions privatives de libertés dans le projet de loi relatif à l’information». Ce qui veut dire que le brouillon du ministre de l’information, Nacer Mehal, touchant à l’emprisonnement de journaliste pour délit de diffamation a été entièrement biffé.
En attendant que le texte soit rendu public, la bonne nouvelle en revanche est celle-ci : «Pour la première fois, nous aurons une législation qui parlera de l’ouverture des médias lourds», a répondu Ouyahia aux journalistes en marge de la session d’automne du Conseil de la nation.
Enfin, le premier ministre a précisé que désormais les délivrances d’agréments pour les périodiques ne relèveront plus de la justice ou du ministère de l’information, mais une autorité à mettre en place : “Les agréments des journaux ne seront plus soumis au contrôle de l’administration ou de la justice mais seront soumis à une autorité supérieure de la presse écrite qui sera instituée”.
Reste à savoir qui y sera dans cette autorité de l’information et quelle sera son degré d’indépendance par rapport au pouvoir.
Ahmed Ouyahia a enfin déclaré que “dans une semaine à dix jours, nous allons examiner les projets de loi sur les partis, l’information, les associations, les finances et le règlement budgétaire”.
Yacine K./Presse
