ALGER (Reuters) – Le double attentat à la voiture piégée qui a fait plus de soixante-sept victimes, selon une source proche du ministère de la Santé, a été revendiqué sur un site internet islamiste par Al Qaïda au Maghreb islamique, l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Celui-ci avait déjà revendiqué un attentat similaire commis en avril à Alger et d’autres perpétrés à l’est de la capitale au cours de l’été.
Les deux attaques de mardi, précise Al Qaïda, ont été menées par Abdoul-Rahman al Aasmi et Ami Ibrahim Abou Othman. Le site publie des photos des deux kamikazes, portant des fusils d’assaut.
L’une des explosions visait le siège du Conseil constitutionnel, dans le quartier de Ben Aknoun.L’autre s’est produite dans le quartier de Hydra, à proximité d’un commissariat et de bureaux algérois du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR).
L’ONU VISÉE
« Je n’ai aucun doute que l’Onu était visée », a déclaré à la BBC le haut commissaire Antonio Guterres.
Aux Nations unies, la porte-parole Marie Okabe a dit craindre que cinq membres de l’organisation aient été tués dans l’explosion et a précisé que 14 employés n’avaient toujours pas donné de leurs nouvelles.
« Selon nos premières informations, mais rien n’est confirmé, nous pensons maintenant qu’il pourrait y avoir cinq morts » parmi les membres de l’organisation, a-t-elle dit. « Au total, nous essayons de recueillir des informations sur ce que sont devenues 14 personnes », a-t-elle poursuivi.
Auparavant, un porte-parole des Nations unies avait indiqué qu’un membre du HCR comptait parmi les tués et que 13 autres employés – dont un du HCR – étaient portés disparus.
Cet attentat ravive le souvenir de celui qui a détruit les locaux des Nations unies à Bagdad en août 2003, faisant 22 morts dont le chef de la mission onusienne, Sergio Vieira de Mello.
A Ben Aknoun, plusieurs des victimes sont des enfants qui se trouvaient à bord d’un car scolaire, rapporte l’agence officielle de presse APS.
« Al Qaïda cherche à démontrer avec force qu’elle est toujours efficace, malgré la perte de plusieurs de ses dirigeants. Maintenant, le problème principal est que les conditions sociales permettent toujours aux terroristes de recruter », a commenté Anis Rahmani, rédacteur en chef du quotidien Ennahar et expert en matière de sécurité.
