La crainte d’une récession mondiale pèse sur le prix du baril. Goldman Sachs et Merrill Lynch tablent sur un rebond en 2012.
L’effet a été immédiat. Les cours du pétrole ont lourdement chuté hier, après l’abaissement de la note de la dette des Etats-Unis. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour livraison en septembre était en recul de 3,68 % à 83,68 dollars en début de soirée. Il a perdu plus de 15 dollars en l’espace de dix séances et affiche un recul de plus de 7 % depuis le début de l’année. A Londres, le baril de brent de la mer du Nord a terminé la séance à 105,93 dollars, en recul de 3,49 % par rapport à vendredi.
Moins de 50 dollars le baril
« L’abaissement de la note et les commentaires de Standard & Poor’s montrent que les Etats-Unis pourraient avoir du mal à payer leurs factures, ce qui pourrait engendrer une baisse continue des dépenses de l’Etat et une économie ralentie. Et ces deux choses ont pour conséquence une demande de pétrole moins forte », a expliqué Andy Lipow, de Lipow Oil Associates. Les Etats-Unis restent en effet le premier consommateur de pétrole de la planète, même si la Chine génère une part de plus en plus importante de la croissance de la demande mondiale.
Malgré ce contexte difficile, les banques tablent plutôt sur un rebond des cours. Goldman Sachs, qui est l’un des plus gros trader du secteur, affirme que le baril de brent devrait s’établir à 130 dollars en moyenne en 2012, du fait de la guerre en Libye et des capacités de production disponibles de plus en plus restreintes de l’Arabie saoudite. En cas de récession, Merrill Lynch n’exclut pas une baisse de la demande de 400.000 barils par jour l’an prochain. Celle-ci pourrait faire brièvement chuter le baril à moins de 50 dollars à New York. Mais la banque pense qu’un tel recul entraînerait rapidement une baisse de la production de l’Arabie saoudite. De fait, le royaume wahhabite a besoin d’un prix minimal de 85 dollars le baril pour équilibrer son budget. Selon Merrill Lynch, le pétrole devrait s’établir à une moyenne de 102 dollars sur le Nymex l’an prochain.
Emmanuel Grasland
