Le procès de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak s’est ouvert ce mercredi matin au Caire. Le président déchu, âgé de 83 ans, qui a été installé dans le box des accusés sur une civière, comparaît pour « corruption et meurtres ». Il risque la peine de mort.
10 h : ouverture du procès d’Hosni Moubarak
Arrivé en ambulance au tribunal, l’ancien président égyptien Hosni Moubarak est installé sur une civière. Ses deux fils sont à ses côtés. Hosni Moubarak, l’ex-président égyptien, a quitté mercredi matin l’hôpital de Charm el-Cheikh où il est en détention provisoire. Il a rejoint par avion la capitale Le Caire où se tient à partir d’aujourd’hui son procès. Agé de 83 ans, l’homme qui avait dirigé le pays le plus peuplé du monde arabe est accusé de « corruption et de meurtres ». Il est passible de la peine capitale s’il est reconnu coupable de la répression meurtrière du soulèvement de janvier et février et d’enrichissement illicite.
Sur le banc des accusés en compagnie de ses deux fils
D’autres anciens dignitaires du régime Moubarak comparaîtront à ses côtés, notamment ses deux fils Alaa et Gama, ainsi que son ancien ministre de l’Intérieur, le très redouté Habib el-Adli et six hauts responsables de la police.
Un millier de policiers mobilisés
Le procès se tient dans l’enceinte de l’académie de police située dans une banlieue du Caire. Près d’un millier de policiers sont mobilisés pour assurer la sécurité de ce procès. 600 personnes, avocats, familles des victimes, journalistes, pourront suivre les débats. Une grande cage à barreaux noirs a été installée dans cette salle d’audience pour accueillir les prévenus.
30 ans de règne
Hosni Moubarak a régné pendant 30 ans sur l’Egypte avant d’être renversé en février par une révolte populaire de 18 jours. Ses portraits avantageux ont été décrochés des bâtiments officiels, et aujourd’hui les marchands de souvenirs de la place Tahrir au Caire vendent des caricatures de lui grimaçant ou hagard.
Problèmes cardiaques
Il n’est pas apparu en public depuis sa démission le 11 février, ni depuis sa résidence de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où il s’est d’abord rendu, ni depuis l’hôpital de cette ville où il a été admis en avril à la suite d’un problème cardiaque.
Un ancien militaire
Né le 4 mai 1928 dans une famille de la petite bourgeoisie rurale du delta du Nil, Mohammed Hosni Moubarak a fait ses preuves dans l’armée, jusqu’à devenir commandant en chef des forces aériennes, puis vice-président en avril 1975. Hosni Moubarak est marié à Suzanne Thabet, qui fut très influente dans son entourage. Leurs deux fils, Alaa et Gamal, sont dans une prison du Caire, et doivent être jugés en même temps que leur père. Gamal Moubarak a, jusqu’à la chute du régime, fait figure de successeur présumé de son père.
Le successeur de Sadate
L’assassinat par des islamistes du président Anouar el-Sadate permet en 1981 à cet ancien commandant de l’armée de l’air d’accéder à la tête de l’Egypte, où personne ne prédit à l’époque beaucoup d’avenir à cet homme sans charisme. Réputé pragmatique, mais de plus en plus coupé du peuple et orgueilleux, il s’appuie sur un redoutable appareil policier et un parti à sa dévotion pour étendre son emprise et régner sans partage sur le pays pendant trois décennies.
Allié indéfectible des Etats-Unis
Le maintien contre vents et marées des accords de paix conclus en 1979 avec Israël et sa réputation de modéré au sein du monde arabe valent à son régime autocratique les faveurs de l’Occident, en particulier des Etats-Unis dont il restera l’allié indéfectible. M. Moubarak était devenu au fil des ans une figure familière des réunions internationales.
La montée des Frères musulmans
Il s’est aussi montré un adversaire résolu de l’islamisme radical façon Al-Qaïda, mais sans parvenir à enrayer la montée du mouvement conservateur des Frères musulmans, aujourd’hui la force politique la mieux organisée d’Egypte.
Un homme malade
Au cours de sa longue carrière, il a échappé à plusieurs tentatives d’attentat et n’a jamais levé l’état d’urgence en vigueur tout au long de sa présidence. Selon son avocat, il souffre d’un cancer de l’estomac, mais l’information n’a pas été officiellement confirmée. En juillet, Me Farid el-Dib a assuré qu’il était tombé dans un « coma complet », mais là encore il n’y a pas eu de confirmation. D’autres sources l’ont décrit comme dépressif ou incapable de marcher, mais sans donner plus de précisions. En mars 2010 il avait déjà été hospitalisé en Allemagne pour une ablation de la vésicule biliaire et le retrait d’un polype du duodénum.
