En Algérie, à défaut d’apporter des solutions aux problèmes posés par les citoyens on préfère les ignorer à coup de déclarations répercutées par la presse et une télévision aux ordres.
C’est le cas de Djamel Ould Abbas. Le ministre de la Santé s’en va en guerre contre ceux qui disent qu’il y a pénurie de médicaments. Contre tout le monde, et surtout tous les malades et les pharmacies qui tirent la sonnette d’alarme Djamel Ould Abbas assène ses vérités. «Il n’y a pas de pénurie de médicaments mais des perturbations sur certains produits» a-t-il déclaré. Mieux encore, le ministre accuse des « lobbies exogènes » d’être la source des perturbations dans la distribution. Voilà qui nous renvoie une vingtaine d’années en arrière, au temps du parti unique. A l’époque tout problème interne, pénurie, manifestation était systématiquement imputée à «la main étrangère». Une main qu’on n’a jamais vu ni identifiée.
Dans cette affaire de pénurie dont la presse unanimement a traité depuis des semaines, de trois choses l’une. Soit, on ment au ministre et qu’il ne fréquente jamais les pharmacies algériennes pour vérifier de lui-même ou alors il ne veut pas se rendre à l’évidence, ou pire encore ce sont toutes les pharmacies du pays qui mentent aux malades. Ce qui est au demeurant difficile à croire. Dans tous les cas de figure, il n’y a jamais de fumée sans feu. Déjà, le ministre reconnaît mezzo voce une certain manque d’antirétroviraux (contre le sida).
Un peu de modestie M. le ministre. Descendez un peu de votre cortège officiel et faite un tour dans une des pharmacies de quartier pour vous rendre compte.
Demain, le ministre du Commerce nous dira qu’il n’ya aucune augmentation pendant le ramadan, que la viande de mouton ne se vend pas à 1200 le kg que la tomate est moitié moins cher que ce qu’avance la presse. Qui lui dira que que ce que vous avancez est faux ?
Yacine K.
