Le Matin d'Algérie

Le roi du Maroc appelle à des élections et l'ouverture des frontières avec l’Algérie

Dans son discours prononcé samedi, le roi Mohammed VI a appelé à une élection d’un nouveau parlement et pour l’ouverture des frontières terrestres avec l’Algérie. Concernant le Sahara occidental, il a réaffirmé l’option de l’autonomie comme « solution politique et définitive ».

Mohammed VI veut aller vite. Un mois seulement après le référendum pour la révision constitutionnelle, il embraie sur les réformes. Dans son discours, le roi du Maroc a appelé, sans fixer de date, à des élections pour un mettre en place un nouveau Parlement d’où sera dégagé un futur premier ministre. « Il importe de commencer par l’élection de la nouvelle chambre des représentants » pour qu’un premier ministre soit désigné à partir du parti majoritaire à l’assemblée. Le roi n’entend donc pas se laisser déborder par les événements. Il veut reprendre l’initiative pour sans doute contrecarrer le mouvement du 20-Février qui commençait à s’organiser.

Le deuxième volet de son discours intéresse directement l’Algérie. Contrairement aux autorités algériennes qui opposent depuis pas mal de temps une fin de non-recevoir, le roi Mohammed VI a appelé une énième fois à la normalisation des relations avec l’Algérie et par-là même à l’ouverture des frontières terrestres fermées depuis 1994 justement suite à des accusations du Maroc d’infiltrations terroristes.

« Nous tenons à l’amorce d’une nouvelle dynamique ouverte sur le règlement de tous les problèmes en suspens, en prélude à une normalisation totale des relations bilatérales (…) y compris la réouverture des frontières terrestres« , a-t-il déclaré. L’appel sera-t-il seulement entendu à Alger ? Difficile pour le moment de lire les intentions véritables du président Bouteflika qui souffle par ministres interposés le chaud et le froid. En dépit de la fermeture des frontières, Rabat et Alger ont échangé au cours des derniers mois des visites de ministres, laissant augurer d’un réchauffement de leurs relations, longtemps contrariées par le problème toujours non résolu du Sahara occidental.

Concernant la question du Sahara occidental justement, le roi Mohammed VI a réitéré ses précédentes déclarations. Inflexible, il a déclaré : « Nous réaffirmons que la question de notre intégrité territoriale restera la priorité des priorités dans notre politique intérieure et extérieure. Nous réitérons, par conséquent, notre volonté de maintenir le cap et continuer à défendre notre souveraineté et l’intégrité de notre territoire qui ne souffrent aucun marchandage.« 

Simple effet d’annonce pour Alger

Les premières réactions aux déclarations du roi Mohammed VI du Maroc ne sont pas des plus favorables. Kassa Aissi, porte-parole du Front de libération nationale (FLN), estime que ce sont de simples effets d’annonces. C’est une démarche récurrente qui n’exprime qu’un point de vue, celui du Makhzen (palais royal) marocain, a déclaré par téléphone à l’AFP M. Aissi.

Ce type de réaction intervient toujours comme des effets d’annonce mais sans rien de concret, a-t-il ajouté en rappelant que c’étaient les Marocains qui avaient décidé de fermer la frontière terrestre entre les deux pays. Le problème du Sahara occidental doit être aussi réglé, a souligné M. Aïssi, car c’est un élément nécessaire à la réalisation du Grand Maghreb, sans que ce problème soit conditionnel à l’amélioration des relations entre les deux Etats.

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