Le Matin d'Algérie

Assassinat de Matoub, les deux accusés condamnés à 12 ans de prison

Malik Medjnoun et Mahieddine Chenoui, tous deux accusés de participation dans l’assassinat de Matoub Lounès ont été condamnés à 12 ans de prison ferme par le tribunal criminel près la cour de justice de Tizi Ouzou.

En détention provisoire à la maison d’arrêt de Tizi Ouzou depuis plus de 11 ans, ils seront donc libérés dans quelques mois puisqu’ils ont purgé presque la totalité de leur peine. Le verdict semble avoir été préparé d’avance sans qu’on en sache un peu sur l’ignoble assassinat dont fut victime le chanteur contestataire Matoub Lounès.

Treize ans après les faits, les plaies demeurent béantes le mystère complet sur l’assassinat un certain 25 juin 1998 de l’un des plus amblématiques chanteurs contestataires de l’Algérie indépendante. Aussi, plusieurs incidents ont émaillé le procès pour appartenance à groupe armé et complicité de meurtre de Mehieddine Chenoui dit Abdelhadi et Malik Medjnoun qui a débuté hier, au tribunal criminel de Tizi-Ouzou. Dès que le président du tribunal annonce les noms des accusés, Malika, la sœur de Matoub Lounès assassiné, se dresse en colère et crie au magistrat : «Amenez Nordine Aït Hamouda !!!». Na Aldjia, sa mère, Belaïd Abrika et la vingtaine d’adhérents de la Fondation Matoub Lounès, venus la soutenir tonnent comme un seul homme dans la salle. Les magistrats se retirent.

A la reprise de la séance Malika reprend : «C’est une honte pour la justice algérienne, vous voulez juger deux personnes amenées de je ne sais d’où, alors que les commanditaires et les auteurs ne sont pas présents aujourd’hui». Par cette sortie, la famille de Matoub exprime le souhait que le procès ne soit pas celui des deux personnes présentes dans le box des accusés, mais celui des véritables assasins. Le président tente réplique : «Les accusés ont droit à un procès, c’est un droit constitutionnel. Leur comparution, aujourd’hui, n’est qu’une étape de l’affaire de l’assassinat de Matoub.». Puis menace de faire jouer le huis clos. Vent debout, Malika Matoub exige la présence de Hassan Hattab et de 50 autres témoins de l’affaire, pour accepter de participer au procès.

Nadia Matoub se retire du procès

Nadia Matoub, la veuve du célèbre chanteur d’expression kabyle, se retire du procès en début d’après-midi et annonce qu’elle va engager une autre action judiciaire. La sœur de la victime, Malika Matoub, qui s’était également retirée du procès dès la matinée, refuse que le nom de son frère soit cité dans les débats.

Me Aït Habib, avocat de Malik Medjnoun, l’un des deux accusés présents au box, dira : «On veut un procès équitable. J’exige que ce procès se tienne avec ou sans partie civile, parce que ce procès est celui de Medjnoun et Abdelhakim Chenoui et non celui de l’assassinat de Matoub».

L’audience a été suspendue pendant environ 1h, avant de reprendre, sans la présence de la partie civile (Malika et Na Aldjia). Maitre Hanoune qui représente la veuve de Lounès, a rejoint l’audience pour participer au procès en tant que victime.

Mahiediene Chenoui qui a reconnu son appartenance aux groupes armés et ses activités terroristes, huit ans durant, dans la région de Tizi-Ouzou, nie avoir participé, d’une façon ou d’une autre à l’assassinat. En revanche, le prévenu, Malik Medjnoun nie toute appartenance à un groupe terroriste. «Je suis originaire de Béni-Douala, comment voulez-vous que je tue un enfant de ma région», a-t-il déclaré. Peu après 15h, le procureur a requis la peine capitale à l’encontre des deux accusés dans l’affaire Matoub, à savoir Malik Medjnoun et Abdelhakim Chenoui. Les avocats de la défense ont entamé leurs plaidoiries.

Y. K.

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