Le Matin d'Algérie

Un entraîneur ne fait pas l’équipe

Mohamed Raouraoua, le président de la FAF, a donc trouvé sa « grosse pointure » pour remettre notre EN sur pied. Le Franco-Bosniaque Vahid Halilhodzic est le nouvel entraineur engagé par « El Hadj » pour un salaire estimé entre 700 000 à 800 000 euros par an. C’est dans les standards du marché internationaux diront certains. Oui mais l’Algérie fait face à une autre réalité en l’espèce.

Une question : était-il plus urgent pour le football national d’engager un entraineur à coup de milliers d’euros ou d’avoir une vraie politique de formation ? Le président a choisi le plus facile, en puisant dans l’argent public des sommes faramineuses qui auraient certainement mieux servi à bâtir une vraie élite footballistique ici et à partir de maintenant.

Un entraîneur ne fait pas une équipe. Raouraoua le sait, tout le monde ne l’ignore pas. Mais qu’importe ! A la FAF comme ailleurs, on préfère colmater les brèches. Parer au plus urgent. Avant la prochaine tempête.

Une équipe nationale dépourvue de stade de standing international ne peut décemment préparer les compétitions continentales et mondiales. A chaque rencontre, notre EN est réduite à chercher un terrain. On a dépensé des milliards pour faire du mythique stade du 5-Juillet un champ de patates. Pour autant, aucune tête n’est tombée, aucun responsable n’a bougé.

Un championnat national sans attraits, pourri par la violence, sans infrastructures et sans ambition ne peut aider à construire une équipe nationale. Le président de la FAF prend l’autoroute en sens inverse. Au lieu de commencer par structurer les divisions inférieures et donner à leur club les moyens qu’ils méritent, à la FAF on préfère encore une fois la fuite en avant. Ce travail de refondation du football national est à faire. Il n’attend pas si l’on veut voir les années à venir notre équipe nationale composée à parts égales de joueurs du cru et d’expatriés. Assister à des matchs plaisants, techniques sur des pelouses aux normes.

Au sujet de la débâcle de Marrakech, Mahmoud Guendouz disait dans un entretien au Buteur : « Il fallait affronter la réalité, aussi amère soit-elle, plutôt que de mentir au peuple. Il fallait dire qu’on va chercher un entraîneur pour l’EN à qui on va fixer des objectifs à long terme, mais que la priorité sera donnée au championnat national pour le sauver et le sortir de la médiocrité. Un championnat dans lequel exercent des entraîneurs, pas tous, bien sûr, venus de la rue et dans lequel des présidents n’ont rien à voir avec le football et qui font la loi. Vous ne pensez pas que ramener un Halilhodzic et lui dire emmenez-nous en Coupe du monde dans ces conditions est complètement absurde ? » Mais qui entendra cet ancien joueur de l’EN ? Certainement pas les instances du football qui sont déjà passées à autre chose : accueillir Halilhodzic et nous abreuver de promesses de futures victoires.

Sofiane Ayache

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