Bien mais pas suffisant. C’est en substance ce que pense le ministre algérien de l’Intérieur de la condamnation par Nicolas Sarkozy du système colonial. « Ca va dans le bon sens, mais nous disons toujours que ce c’est pas assez quand nous plaçons ces paroles dans leur contexte. C’est un progrès », a déclaré Yazid Zerhouni, un proche du président Abdelaziz Bouteflika.
« Je ne sais pas les excuses sont nécessaires, mais utiles elles le seront toujours », a-t-il ajouté en marge de la visite que le chef de l’Etat français doit effectuer au site archéologique de Tipaza. L’absence d’excuses « n’empêchera pas d’avoir une vision nouvelle de nos relations. En France comme en Algérie, nous sommes condamnés à croire à une amitié possible », a-t-il poursuivi.
Lundi soir, devant un parterre de chefs d’entreprises français et algériens le président français avait dénoncé le système colonial et appelé à combattre à la fois le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. « Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République: liberté, égalité, fraternité », avait-il déclaré, quelques heures après son arrivée à Alger pour sa première visite d’Etat depuis son élection en mai.
« Mais il est aussi juste de dire qu’à l’intérieur de ce système, il y avait beaucoup d’hommes et de femmes qui ont aimé l’Algérie, avant de devoir la quitter. Oui, des crimes terribles ont été commis tout au long de la guerre d’indépendance, qui a fait d’innombrables victimes des deux côtés », en soulignant : « c’est toutes les victimes que je veux honorer ».
