Le Matin d'Algérie

La fuite en avant de la Fédération nationale de football

La déculotté subie par notre équipe nationale devant le Maroc n’a pas bougé les lignes du foot national. Aucun mea culpa. L’inamovible Mohamed Raouraoua, le patron de la FAF, est un roublard. Dans les rares moments de gloire de notre sélection nationale, on le voit partout plastronner, déclarer, lancer des fanfaronnades, puis à l’heure de la défaire, il se mure dans le silence, envoie les autres au charbon. Depuis la mémorable défaite de Marrakech, on préfère faire le dos rond, jouer la montre et laisser le temps faire son œuvre. Au lieu d’opérer son aggiornamento, de poser sérieusement les problèmes du football algérien, Mohamed Raouraoua et son staff improvisent, tâtonnent en attendant … mieux.

Dans le dernier épisode marocain, hormis Abdelhak Benchikha qui a pris ses responsabilités en démissionnant, rien ni personne ne semble bouger à la tutelle. C’est à croire que la déconfiture de la pratique footballistique dans pays ne les intéresse guère. Seuls les entraineurs font jusqu’à présent les frais de la gestion du secteur. Saâdane, il y a huit mois, Benchikha il y a quelques semaines, qui sera le prochain lampiste du règne Raouraoua ? Certains avaient évoqué Le Guen, vite oublié, puis Vahid Halilhodzic (entraineur serbo-français), et là on murmure que ce serait le très controversé ex-entraineur de l’équipe de France Raymond Domenech…

La FAF lance des leurres pour occuper la presse. Il y a quelques jours elle parlait d’une grosse pointure, comme si le foot se résumait à un homme. C’est un plan national de rénovation de la pratique footballistique qu’il faut mettre en chantier. Toute la colonne vertébrale de ce sport populaire doit être remise à plat. Et fait nouveau, la FAF doit savoir qu’elle ne pourra compter longtemps avec les expatriés. Les écoles de foot françaises ne feront pas le boulot de formation les années prochaines pour l’EN. Si le MJS et la FAF ne se réveillent pas, nous risquons de ne pas voir notre EN évoluer dans les compétitions continentales et mondiale pour longtemps.

S. Aït Mohand

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