Le Matin d'Algérie

D’Alger, Nicolas Sarkozy parle d’argent, critique le système colonial du bout des lèvres et dénonce l’antisémitisme

Le président français, à peine arrivé à Alger, s’ouvre à ses hôtes. Argent d’abord : il a confirmé ce lundi soir, devant des chefs d’entreprises français et algériens, que la France signerait mardi « plus de cinq milliards d’euros » de contrats avec l’Algérie, à l’occasion de sa visite d’Etat dans ce pays.

« Il s’agit pour l’essentiel d’équipements structurants pour la modernisation de l’Algérie : tramways d’Oran et de Constantine, gestion du métro d’Alger, maîtrise d’oeuvre d’une autoroute, ligne ferroviaire, une usine pétrochimique, des barrages, des centrales thermiques », a-t-il précisé.

Il a également déclaré que le président algérien Abdelaziz Bouteflika et lui-même avaient décidé de s’engager dans un « grand partenariat » dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Antisémitisme ensuite, pour répondre à Mohamed Chérif Abbas qui avait dénoncé le « lobby juif » qui aurait porté selon lui M. Sarkozy au pouvoir : « En France comme en Algérie, nous devons combattre avec une détermination sans faille toute forme de racisme, toute forme d’islamophobie, toute forme d’antisémitisme.Il n’y a rien de plus semblable à un antisémite qu’un islamophobe. Tous deux ont le même visage: celui de la bêtise et de la haine ». Puis cette sentence qui ressemble à une menace : « Le racisme, l’islamophobie et l’antisémitisme ne s’expliquent pas. Ils se combattent.

Enfin, le passé colonial : « Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République: liberté, égalité, fraternité », a –t-il déclaré, avant de nuancer sitôt : l  » Mais il est aussi juste de dire qu’à l’intérieur de ce système profondément injuste il y avait beaucoup d’hommes et de femmes qui ont profondément aimé l’Algérie, avant de devoir la quitter », Et d’ajouter : « Des crimes terribles ont été commis tout au long d’une guerre d’indépendance qui a fait d’innombrables victimes des deux côtés ».

Des déclarations qui appellent commentaires…

L.M.

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