Comme à son habitude, depuis son départ d’Algérie en 1999, c’est à travers un message au conseil national que le président permanent du FFS a donné son analyse de la situation en Algérie. Le message est bien entendu destiné aux militants du parti. Pour commencer, le président s’interroge sur les fonctions véritables de cette commission. Méfiant, Aït Ahmed n’attend rien de probant de la commission qui lui a envoyé un message d’invitation. « Objectivement on cherche à gagner du temps », écrit-il. Par ailleurs, faisant sans doute allusion aux dernières conclusions d’accords économiques avec la France, le président du FFS se pose la question : « Comment peut-on choisir ce moment pour, dans l’opacité absolue, conclure un train d’accords commerciaux et financiers avec des partenaires étrangers ? C’est la sécurité nationale, voire même la souveraineté du pays, qui peuvent être compromises. Ne profite-t-on pas du contexte national et régional pour dépecer le pays ? »
Enigmatique et sans préciser sa pensée, le chef du FFS promet de « dire la vérité à l’opinion publique nationale et en temps voulu, nous proposerons les mesures nécessaires pour empêcher le bradage du pays ». De qui et de quoi veut-il parler ? M. Aït Ahmed sait-il des choses que l’opinion ignore ? Dans ce cas, pourquoi ce silence ? Bref, une fois quelques fléchettes décochées contre les réformes promises, Aït Ahmed passe aux problèmes régionaux : la Libye, la Tunisie, etc. On a connu de meilleures analyses de Hocine Aït Ahmed. Le propos de la lettre est resté vague et général.
Y. K.
