L’immense écrivain algérien Boualem Sansal recevra, le 16 octobre, le prix de la paix des libraires, en marge de la Foire du livre de Francfort. Il est le deuxième algérien à obtenir cette distinction. Assia Djebbar l’avait également eue en 2000.
L’organisation des libraires allemands a explique qu’« en récompensant cet intellectuel qui critique ouvertement la situation politique et sociale en Algérie, l’Organisation des libraires allemands entend apporter son soutien au mouvement pour la démocratie en Afrique du Nord”, a déclaré de Berlin, Gottfried Honnefelder, le président de cette association. Boualem Sansal ne laisse personne indifférent. Ses chemins d’écriture sont marqués du signe de la singularité. Depuis son premier roman Le serment des barbares, paru en 1999, il est devenu une plume qui compte dans le très étroit paysage littéraire algérien. Prolifique et si nécessaire très polémique, il lui arrive d’intervenir dans la presse où à travers un pamphlet pour brocarder les travers politiques. Nous pensons à Poste restante : Alger. Un cours beau livre pamphlétaire qui remet les pendules à l’heure sur l’histoire.
Son dernier roman, Le Village allemand ou le journal des frères Schiller, paru en 2008 a sans doute pesé sur le jury du prix de la paix dans sa décision. Ecrivain engagé, il a souvent pris des positions fermes pendant certains auteurs algériens se complaisent dans un narcissisme primaire. Ingénieur de formation, docteur en économie et haut fonctionnaire sur le tard, Sansal avait confié que s’il a emprunté la voie de l’écriture c’est grâce à cet autre grand écrivain algérien Rachid Mimouni. Son premier roman le Serment des barbares, salué unanimement par la critique lui a valu néanmoins d’être limogé de son poste. Ce prix est une juste récompense pour cette conscience politique.
Y. K.
