Que l’on ne s’étonne pas par la réponse positive de l’ancien héraut du parti unique à la commission Bensalah. Ne l’oublions pas, Abdelhamid Mehri est un pur produit du FLN. Il est normal qu’il aille au secours de cette commission à bout de souffle, sans consistance. Les invités de poids ayant refusé de prendre part à ces consultations, le régime fait sortir ses cartes secrètes. Actionne ses relais. Mais pas de surprise pour ceux qui connaissent le personnel politique algérien. Et plus particulièrement Mehri. Celui-ci n’a jamais été un opposant. Son rapprochement avec les partisans de Sant’Egidio n’était qu’un leurre. Un subterfuge pour brouiller les lignes d’un parcours politique entièrement consacré à la pensée unique, à combattre les libertés individuelles et la liberté d’expression. Cet homme est un serviteur zélé du système qui tente par intermittence de jouer le rôle de personnalité indépendante. Son ADN est marqué par 40 ans de pensée unique. Ce n’est donc pas au soir de sa vie qu’il va changer.
Ancien ministre, plusieurs fois ambassadeur du temps de Chadli Bendjedid (il était ambassadeur en France, quand André Mecili, un des responsables du FFS, a été assassiné à Paris en 1987), et ancien SG du FLN, Mehri a été adopté ces dernières années par le FFS comme une personnalité nationale. Un rapprochement avec l’inamovible président du FFS a été également observé. Au-delà, Mehri pourrait même faire partie d’un agenda secret de Bouteflika. Rappelons-nous ses appels du pied à Aït Ahmed au moment où l’Algérie commençait à bouger. S’en est juste suivi l’éclatement de la CNCD avec le retrait de quelques militants réputé proche de ce parti.
Cette participation au dialogue ne peut être qu’un exercice de séduction d’un homme fini qui recherche à revenir sur le devant de la scène par n’importe qu’elle fenêtre. Et par delà servir de faire-valoir au système. Son invitation est l’autre paradoxe de ce régime qui tourne le dos aux nouvelles générations. Il nous ressert les mêmes plats. Les mêmes clients, ceux-là même qui l’ont servi et continue de le faire sans broncher. Sinon en quoi un homme qui a fait toute sa carrière politique au parti unique avec bien entendu tout ce que cela sous-entend peut apporter à la liberté d’expression, la démocratie et le pluralisme politique ?
Y. K
