Le Matin d'Algérie

Coup de barre du gouvernement dans l’investissement étranger

L’offensive française sur le terrain des investissements en Algérie devrait bousculer un certain ordre établi ces dernières années. Et surtout laisser sur la paille nombre d’investisseurs moyens-orientaux qui avaient accouru à Alger après l’élection d’Abdelaziz Bouteflika à la présidence.

La France grignote de plus en plus de parts de marchés en Algérie. Le forum de partenariat organisé conjointement entre les deux pays montre une certaine volonté d’aller de l’avant. Réunir 400 entreprises à Alger était un sacré pari. Jean-Pierre Raffarin, l’envoyé spécial du président français, parlait d’un changement positif dans le climat des affaires en Algérie. L’envoyé spécial du président français ne parle pas pour rien. Son propos exprime cette disposition de l’Algérie à s’ouvrir à la France. La dernière visite de l’envoyé spécial du président français a été plutôt fructueuse pour les entreprises françaises. Neuf projets d’installation de grosses boîtes ont obtenu l’accord d’Alger. Restent quelques dossiers lourds à planifier cependant entre les deux capitales. Au-delà de ces grands dossiers, l’enjeu de ce nouveau partenariat pour les Algériens notamment c’est surtout de bénéficier de l’expertise des entreprises françaises dans certains domaines, le transfert du savoir-faire et la formation de nouvelles générations d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs dans des domaines tout aussi variés que les transports ferroviaires, l’agriculture, les énergies renouvelables (dont l’Algérie est appelée à devenir un pole important avec le projet Désertec) ou bien la construction. Le partenariat entre PME algériennes et françaises est l’autre enjeu d’un tel rapprochement. Les initiateurs du forum, comme Ubifrance (organismes qui s’occupe de l’investissment français à l’étranger) n’ignorent pas que le marché algérien, n’était l’instabilité qui le caractérise et les valse-hésitations du gouvernement, est l’un des plus porteurs du bassin méditerranéen.

A travers ce nouveau développement, c’est un véritable coup de barre que le gouvernement a opéré. Les anciens « amis » moyen-orientaux du président seront-ils laissés sur le carreau ? Autrement, quid de tous les projets mirifiques que des investisseurs émiratis et saoudiens étaient venus proposer à l’Algérie il y a quelques années ? Où en est le projet qui devait d’Alger une nouvelle capitale avec une nouvelle vitrine pour la baie d’Alger ? Où en est le dossier du parc Dounia ? Manifestement, quelque chose a changé à Alger. Même Orascom, dont la gestion est devenu ces derniers temps encombrant, sera racheté par l’Algérie. Il serait intéressant de savoir qu’est-ce qui a fait décider El Mouradia – jusqu’à il y a quelques mois plus encline à regarder vers les « amis » du Moyen-Orient – à ouvrir le champ des investissements aux entreprises françaises aussi massivement ?

Y. K.

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