Le Matin d'Algérie

L’islam de France : un enjeu de lutte entre Algériens et Marocains

Demain, dimanche, auront lieu les élections des conseils régionaux du CFCM. La Grande Mosquée de Paris et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) ont signifié leur refus d’y prendre part.

En filigrane donc de ces élections, la lutte que se livrent notamment l’Algérie et le Maroc par organisations interposées. Vingt-cinq nouveaux conseils régionaux devaient sortir de l’élection de demain. Une autre élection devant avoir lieu le 19 juin prochain pour désigner le conseil national. Un nouveau président du CFCM remplacera à l’issue du vote Mohamed Moussaoui, qui appartient au Rassemblement des musulmans de France, très proche du Maroc.

Cependant c’est mal parti pour les élections du conseil français du culte musulman, un organisme créé par Nicolas Sarkozy. Pourquoi ? Tout simplement les musulmans ne sont pas si soudés qu’ils n’y paraissent. Ils demeurent toujours arrimés à leur pays d’origine. Ainsi, cette élection est une autre occasion pour de nouvelles luttes d’influences entre l’Algérie et le Maroc notamment. L’Union des organisations islamiques de France refuse d’y participer car elle estime que le Conseil « a malheureusement servi d’outil pour exacerber des particularisme ». La Grande Mosquée de Paris, dont le président Dalil Boubekeur est notoirement proche d’Alger, dénonce « le déséquilibre du système de représentation du Conseil ». Au cours d’un rassemblement au palais des congrès de Lille, Dalil Boubekeur a menacé : « On ne construira pas un islam de France sans la Mosquée de Paris ». Des intervenants de ce rassemblement avaient appelé à une alternance entre Marocains et Algériens à la tête du CFCM. La Grande Mosquée de Paris appelle au report de l’élection, ce que refuse le Rassemblement des musulmans de France, inféodé au Maroc. Cependant, seuls les délégués représentant les mosquées sont appelés à voter demain.

Censé représenter les musulmans de France, le CFCM est officiellement créé par Nicolas Sarkozy en 2003, quand il était ministre de l’intérieur. Cependant il a toujours servi de chapelle aux pays d’origines. En France comme ailleurs, l’islam est utilisé comme un escabeau pour des strapontins politico-religieux.

Y. K.

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