L’ancien ministre des Affaires étrangères français, Roland Dumas et l’avocat Jacques Vergès, reviennent sur la scène libyenne. C’était à partir de Tripoli qu’ils avaient annoncé qu’ils comptaient déposer plainte contre le président français Nicolas Sarkozy, pour « crimes contre l’humanité » en Libye. Un représentant du ministère libyen de la Justice a indiqué que les deux avocats s’étaient portés « volontaires » pour soutenir une plainte des familles des « victimes des bombardements de l’Otan » contre le président Sarkozy, dont le pays a pris la tête des opérations de la coalition internationale en Libye.
« Les deux avocats vont porter plainte au nom des familles libyennes devant les tribunaux français », a déclaré Ibrahim Boukhzam, en présence d’une trentaine de représentants de familles qui ont signé des procurations aux deux avocats. Me Dumas, ancien ministre socialiste, a indiqué avoir été « stupéfait de constater que cette mission (de l’Otan) qui vise à protéger les civils est en train de les tuer« . Il a dénoncé « une agression brutale contre un pays souverain ».
Qualifiant les pays de l’Alliance atlantique d’« assassins », Me Vergès a lui fustigé un « Etat français conduit par des voyous et des assassins ». « Nous allons briser le mur du silence », a-t-il dit. Roland Dumas s’est également dit prêt à prendre la défense de Mouammar Kadhafi si le colonel est jugé à La Haye, devant le tribunal de la Cour pénale internationale (CPI). Les deux avocats ont indiqué qu’ils allaient commencer les procédures juridiques pour le dépôt de la plainte, dès leur retour lundi à Paris.
Ces deux avocats ne sont pas cependant à leur premier coup médiatique. Celui qu’on surnomme l’avocat du diable, Jacques Vergès, est connu pour être notamment un défenseur de Pol Pot, le chef des Khmers rouges qui avaient commis un génocide dans leur pays le Cambodge. Il a aussi proposé ses services à Saddam Hussein, puis il y a quelques mois, Vergès s’était aussi illustré en compagnie de Roland Dumas par leur voyage en Côte d’Ivoire où ils avaient annoncé leur soutien au président déchu Laurent Gbagbo et dénoncé l’intervention française dans ce pays.
Pour les Algériens, le nom de Jacques Vergès évoque bien d’autres souvenirs. Il avait défendu les militants du FLN pendant la guerre de libération. Ce fut l’une des causes qui l’avait fait connaître et établi sa réputation. A l’indépendance, il est devenu un de ceux qu’on appelait pied-rouge, puis il a été nommé directeur de l’hebdomaire Révolution africaine en 1963/1964 par Ahmed Ben Bella.
