Le Matin d'Algérie

Défaite électorale : changement à la tête du FFS

Au lendemain de la défaite électorale du FFS dont il affirme qu’elle « a été concoctée dans les laboratoires du pouvoir», Karim Tabbou (photo) premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS) assume et démissionne de son poste de premier secrétaire du parti, créant ainsi une grande première dans les mœurs politiques algériennes.

«Par cet acte, je souhaite faire preuve de responsabilité, de transparence, de pédagogie politique et de respect envers les militants et militantes et envers les électeurs et électrices.» C’est donc par cette phrase que le premier secrétaire du FFS a annoncé sa démission de son poste et la convocation d’une session extraordinaire du conseil national, le jeudi 6 décembre, pour une évaluation rigoureuse des élections. Un poste qu’il occupe depuis sa désignation, le 6 avril dernier, par le président du parti, M. Hocine Aït Ahmed, en remplacement de M. Ali Laskri.

Assumant sa grande part de responsabilité dans la participation du FFS à une élection qu’il savait «truquée d’avance» et qui se déroulait de surcroît «sous état d’urgence avec toutes les conséquences et tous les risques électoraux que cela comporte», M. Tabbou soutient qu’il n’est pas «un politicard mais un politique» et que «la politique telle qu’elle lui a été enseignée au FFS est avant tout une éthique». C’est pourquoi le premier secrétaire du plus vieux parti d’opposition algérienne a décidé de démissionner dans le respect des conceptions qu’il «se fait de l’éthique et de la pratique politiques». Il continuera toutefois à croire que la décision de participer au scrutin du 29 novembre dernier «est la seule décision juste, la seule décision possible, qu’importent les résultats et le nombre de sièges à obtenir».

Il inscrira de ce fait la participation du FFS aux locales dans le cadre d’«une poursuite de la lutte légale pour l’émergence de noyaux de contre-pouvoir». Karim Tabbou a rappelé que, tout au long de la campagne électorale, le FFS n’a cessé de souligner que «l’état d’urgence organise des élections truquées, dévoie le suffrage universel et ne vise que la validation des représentants du pouvoir». Cela étant précisé, M. Tabbou ajoutera que «la carte électorale élaborée dans les laboratoires du pouvoir ne saurait faire dévier le parti de ses orientations et buts stratégiques» et de conclure : «Même si les élections locales du 29 novembre 2007 ont consacré la victoire du mensonge et de la corruption, véritables ciments du système politique, il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas pour autant la défaite du FFS, de la politique et de la démocratie. Les locales ne sont qu’une étape dans la lutte pour la construction d’une alternative démocratique réelle.»

G.H.

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