Le Matin d'Algérie

Qui a chargé le FLN de Belkhadem de soutenir Kaddafi ?

Le soutien d’Alger pour le régime libyen devient chaque jour de plus en plus manifeste. Il y a eu d’abord l’achat à Alger de centaines de tout-terrains à Alger par Kaddafi, révélé par l’opposition de Benghazi, puis l’interrogation sur l’implication de l’Algérie dans l’envoi de mercenaires pour venir au secours du colonel. Ce qui avait mis à mal la diplomatie algérienne. Maintenant c’est l’ancien parti unique qui s’est distingué à Tripoli, au rassemblement des tribus inféodées au colonel Kaddafi. C’était Sadek Bougataya qui a été missionné par le SG du FLN pour le représenter à cette moubayaâ. Ce qui n’est pas du goût de tous les militants bien entendu. Il se murmure à Alger que ce député aurait reçu de l’argent à l’occasion de sa mission à Tripoli. L’on sait néanmoins que le FLN ne fait jamais rien sans consulter ou du moins l’approbation de son président d’honneur, autrement dit Abdelaziz Bouteflika. Cela veut-il sous-entendre que Bougataya avait l’onction du président de la République ? C’est à le croire. En tout cas, elle n’a pas l’heur de plaire à tout le monde au sein du Front de libération nationale, déjà miné par une crise interne. Hama Chouchane militant du FLN, plusieurs reprises membre du Comité central du FLN, pointe du doigt directement Belkhadem dans une déclaration au Soir d’Algérie. «M. Sadek Bouguetaya, représentant de M. A. Belkhadem au récent rassemblement des tribus libyennes proches de Mouammar El Kadhafi (lui, qui, on s’en souvient, s’est déchaîné de la pire des manières contre le candidat A. Bouteflika dans les chaînes satellitaires arabes et qui a été repêché au Comité central lors du dernier congrès par l’actuel secrétaire général du FLN, s’est permis de s’exprimer à Tripoli non seulement au nom du FLN mais, plus grave, au nom du peuple algérien qui ne l’a pas mandaté. Scandalisés et révoltés par ce comportement, les militants redresseurs du FLN, notamment de la région de Souk-Ahras, se démarquent totalement de ce personnage sans vergogne, caméléon aux multiples facettes. Par ses déclarations, l’émissaire et son mandataire, en l’occurrence Belkhadem, viennent de fouler aux pieds un principe cardinal de la politique extérieure du FLN et de l’Etat algérien basé sur le respect des autres nations, à savoir le principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. Dans cette dangereuse improvisation, que même ses proches collaborateurs, membres du BP, reconnaissent n’avoir pas été consultés à son sujet, le SG du FLN confirme que les reproches que lui font les redresseurs sont fondés et qu’il doit, de ce fait, en tirer les conséquences dans l’intérêt du parti et du pays.».

Y. K.

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