A en croire le ministre algérien des Affaires étrangères, qui revient des Etats-Unis, Washington s’est dit « encouragé par les efforts continus engagés par l’Algérie dans le domaine des réformes pour répondre aux aspirations du peuple algérien ».
Il s’agit là, en fait, d’une déclaration du conseiller principal du Président Barack Obama pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste, John Brennan, qui réagissait à l’exposé que Mourad Medelci lui a présenté à propos du programme de réformes annoncé par le président Abdelaziz Bouteflika le 15 avril dernier, et détaillé lors du Conseil des ministres de lundi. Le sous-secrétaire d’Etat adjoint pour les Affaires politiques, William Burns a également salué « l’engagement de l’Algérie dans sa démarche volontariste en matière des réformes ».
En vérité, les choses se passent autrement.
Les Américains, qui tiennent au rôle « stratégique » que joue l’Algérie dans la lutte anti-terroriste, ne veulent pas froisser un « allié » conjoncturel. Mais l’idée qu’ils se font des réformes algériennes n’est pas flatteuse. Comparée à celle du Maroc, l’annonce algérienne est très en deça. (Lire notre article).
La population attendait un « départ du régime ». Bouteflika a annoncé juste des « réformes politiques » que son entourage qualifie de » profondes » et qu’il conduira lui-même et que le même personnel politique qui a conduit le pays à la faillite, va approuver.
Il n’a fait que donner une non-réponse, alors que le pays est en pleine ébullition.
Et ça, les Américains le savent.
Hadi
