Une lettre de Abdesselam Ali Rachedi
Un jour de 1970, à Bruxelles, les étudiants gauchistes belges, décidèrent de manifester au centre de Bruxelles. Le motif de leur indignation ? Une plaque anachronique qui s’intitulait : rue des Colonies. Ils décidèrent donc de la rebaptiser : le nouveau nom qu’ils avaient choisi : rue du Néo-colonislaisme ! Non, ce n’est pas une blague belge mais un fait authentique dont j’ai été témoin. La morale de l’histoire, c’est que le néo-colonialisme succède « naturellement » au colonialisme. C’est une règle quasi universelle et qui s’est vérifiée partout, notamment en Afrique. La seule différence entre colonialisme et néo-colonialisme, c’est que la domination ne s’exerce plus directement en s’appuyant sur des colons d’origine étrangère mais indirectement en s’appuyant sur les nouveaux colons indigènes. Que Sarkozy continue de défendre les intérêts de la France et ait un discours qui reflète les sentiments d’une bonne partie de son électorat, quoi de plus normal. Au fond, la seule différence entre Sarkozy et ses prédécesseurs, c’est qu’il utilise un langage cru, contrairement à ses prédécésseurs qui avaient un langage plus sournois et prétendaient être les amis des arabes. Au moins Sarkozy a-t-il le mérite de la franchise. Sarkozy est ce qu’il est, mais ça ne concerne que la France. Mais peut-être qu’en focalisant l’attention sur le discours de Zarkozy, les colons indigènes qui nous gouvernent cherchent-ils à faire oublier leurs propres forfaitures ? D’ailleurs, je suis persuadé pour ma part que les déclarations de Mohamed Chérif Abbas, Said Ababou et Belkhadem n’ont rien de spontané et qu’ils sont loin d’être innocents. Dire, puis démentir est une méthode, certes tortueuse, mais elle permet d’envoyer des messages à qui sait les décoder, sans se découvrir. Rappelez-vous l’épisode de la dépêche de Reuters. Agiter une nouvelle fois la fibre nationaliste en dénonçant l’ex-colonisateur, est-ce innocent au moment où on veut convaincre tout le monde de l’inéluctabilité d’un 3è mandat ?
Abdesselam Ali Rachedi
Courbettes…
La problématique développée par Benchicou pose les jalons d’une analyse critique et pertinente mais le questionnement préalable aux divers enjeux geopolitiques et straégique gagnerait à être un peu plus endogène qu’exogène. Les malheurs de l’Algérie ne viennent ni de Sarkozy ni de Bush ou de Med VI et encore moins d’un quelconque leader étranger. Ils sont, et tous nous sommes plus ou moins d’accord, avec benchicou, la résultante de ce silence quelque part coupable de nos intellectuels et de l’ensemble de l’intelligentsia algérienne oû qu’elle se trouve. Je ne vise même pas les leaders politiques qui se qualifient de démocrates. Depuis l’avènement de Bouteflika, combien sont-ils nos intellectuels qui ont écrit une seule ligne sur la situation culturelle, sociale, économique, etc de l’Algérie ? Si l’on excepte les quelques lignes versées ca et là sur ce site ou un autre blog, combien de réflexion, d’études, d’analyses, de commentaires pertinents ont été développé par ceux qui ont étudié, qui enseignent, qui font des conférences, ou tout simplement qui sont venus avec une idée nouvelle meêm contradictoire à la politique de Bouteflika ? Prenons le cas du CPA si l’on exclu les écrits, les réflexions fortement documentée sous la signature de Rym Imsat qui aurait pu relever l’incongruité de la décision de vendre cette banque sans un véritable diagnostic non seulement des actifs financiers mais aussi humains et managériaux, du capital expérience, des dettes impayées à ce jour par ceux qui se sont arogé le droit de prendre l’argent sans le moindre risque de le rembourser ? Je présume que Rym Imsat est quelqu’un de professionnel et de réfléchi et même si c’est un pseudo il a le mérite d,avoir soulever plusieurs lièvres concernant cette braderie par ceux qui font des courbettes et qui cherchent après un strapontin près de Bouteflika et ses futurs remplacants… Même si je ne suis pas d,accord avec Mohamed Cherif Abbes sa sortie aura mis un terme avec perte et fracas à une relation de maître à élève. Il en faut d’autres pour rétablir un équilibre certes précaire mais néanmoins digne. J’aurais aimé entendre le ministre des affaires étrangères ou celui de la communication ou encore des voix venues d’Europe et de France parmi celles qui se taisent dans nos ambassades. Le reste se passe de commentaires.
Wahid Mokhtar
