La première leçon fondamentale est la prise en compte tant des mutations mondiales qu’internes à la société algérienne avec le poids de la jeunesse qui, parabolé, a une autre notion des valeurs de la société. Cela se constate à travers la baisse progressive du poids des tribus, des confréries religieuses et de certaines organisations syndicales (dont l’UGTA), du fait de discours en déphasage par rapport aux nouvelles réalités mondiales et locales. La deuxième leçon est l’urgence de revoir le fonctionnement du système partisan et de la société civile. En effet, la Constitution de 1989 et la loi du 5 juillet de la même année ayant consacré et codifié le droit des citoyens à créer des partis politiques, un nombre considérable de formations politiques ont vu le jour, souvent sans véritable programme, ni perspectives sérieuses, se manifestant ponctuellement principalement à l’occasion de rendez-vous électoraux du fait des subventions de l’Etat (instrumentalisation de l’administration).
En réalité sui l’on tient compte des tendances au niveau de l’ ‘ancien parti unique des années 1980, c’est l’ancien parti du FLN éclaté en trois composantes. Il ya une forte ressemblance avec la démarché des partis de l’ancien président égyptien et tunisien qui ont volé en éclat après la printemps démocratique. En raison des crises internes qui les secouent périodiquement, du discrédit qui frappent la majorité d’entre eux, de la défiance nourrie à leur égard et à l’endroit du militantisme partisan, les formations politiques actuelles, même ceux siégeant dans la coalition gouvernementale, sont dans l’incapacité aujourd’hui de faire un travail de mobilisation et d’encadrement efficient, de contribuer significativement à la socialisation politique, le marché politique, me semble-t-il, devant être conçu comme axe central de la restructuration et de laisser, dès lors, les règles du jeu politique et le nombre d’acteurs qui s’y adonnent, se fixer de manière concurrentielle. Quant à la société civile, sa diversité, les courants politico-idéologiques qui la traversent et sa relation complexe à la société ajoutent à cette confusion, qui est en grande partie liée au contexte politique actuel, et rendent impératif une réflexion qui dépasse le simple cadre de cette contribution. Constituée dans la foulée des luttes politiques qui ont dominé les premières années de l’ouverture démocratique, elle reflètera les grandes fractures survenues dans le système politique algérien.
Ainsi, la verra-t-on rapidement se scinder en trois sociétés civiles fondamentalement différentes et antagoniques, porteuses chacune d’un projet de société spécifique : une société civile ancrée franchement dans la mouvance islamiste, particulièrement active, formant un maillage dense ; une société civile se réclamant de la mouvance démocratique, faiblement structurée, en dépit du nombre relativement important des associations qui la composent, et enfin, une société civile dite « nationaliste » appendice, notamment des partis du FLN et du RND, dont plus plusieurs responsables sont députés ou sénateurs au sein de ces partis. Sollicitée à maintes reprises, et à l’occasion d’échéances parfois cruciales, et souvent instrumentalisée à l’instar des micro-partis créés artificiellement, elle manifestera souvent sa présence d’une manière formelle et ostentatoire, impuissante presque toujours à agir sur le cours des choses et à formuler clairement les préoccupations et les aspirations de la société réelle.
Or, une restructuration efficace n’a de chance de réussir que si les associations ne soient pas au service d’ambitions personnelles parfois douteuses.
Quelles leçons tirer de cette démobilisation populaire ? Face au syndrome hollandais, les Algériens inquiets pour leur avenir
Révision constitutionnel et Etat de droit
Professeur Abderrahmane MEBTOUL
NB- Je remercie des collègues professeur d’Université spécialistes en droit constitutionnel pour leurs remarques.
(1)- Source Ministère de l’Intérieur -A Elections législatives du 17 mai 2007 -Inscrits-18.760.400 -1.-Parti du Front de Libération Nationale (FLN) -Voix Obtenues : 1.315.686 -Sièges Obtenus : 136 2- Rassemblement National Démocratique (RND) -Voix Obtenues : 591.310 – Sièges Obtenus : 61 -3- MSP -Voix Obtenues : 552.104 Sièges Obtenus : 52 .B- Elections des APC du 29 novembre 2007 -nombre inscrits 18.0145.94 -1.-FLN suffrages 2 094 964 sièges 4201-2- RND suffrages 1 602 044, sièges 3426-3-MSP suffrages 842 644 ,sièges 1 495
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