Troublante révélation de Saïd Abadou : « Le président Abdelaziz Bouteflika est parfaitement au courant de notre position à l’égard de l’Etat et du gouvernement français ». Le secrétaire général de l’ Organisation nationale des Moudjhadine venait, dans cette même déclaration à El-Khabar, de sérieusement tancer le président français : « En tant qu’Organisation nationale des moudjahidine, nous disons que Sarkozy n’est pas le bienvenu en Algérie, car nous considérons que sa visite s’inscrit dans des objectifs diplomatiques clairs ».
Le quotidien Libération avait déjà écrit mercredi : « il n’est pas innocent que les propos antisémites et anti-Sarkozy aient été tenus par Mohamed Chérif Abbas. C’est ce dernier qui avait lu, le 6 mai 2005 à Sétif, au nom du président Bouteflika, un discours au lance-flammes sur les massacres commis en mai 1945, comparant notamment la France coloniale au nazisme et réclamant «un geste probant» qui «effacerait cette tache noire».
Le chef de l’Etat algérien cautionnerait donc des propos aussi véhéments et aussi discourtois envers son homologue français au risque de provoquer une crise grave entre les deux pays ?
Si tel était le cas, et si les propos du secrétaire général de l’ Organisation nationale des Moudjhadine venaient à se vérifier, nous serions dans l’antichambre d’une sérieuse complication des relations algéro-françaises.
« Nous ne tournerons pas la page des crimes de la France (en Algérie) avant que des excuses (officielles) nous soient présentées », avait dit M. Abadou, se référant au refus du président Sarkozy de demander « pardon » aux Algériens pour les crimes qui auraient été commis par la colonisation en Algérie depuis l’invasion de ce pays en 1830 jusqu’à l’indépendance en 1962.
Pour l’heure aucun démenti concernant l’implication du président Abdelaziz Bouteflika dans la campagne anti-Sarkozy n’a été constaté.
L.M.
