Le Matin d'Algérie

Alger : conférence sur la laïcité en France

L’Association du 8 Mai 1945, en coordination avec le ministère des Affaires religieuses et des Waqfs et le Haut-Conseil islamique, a tenu hier, à Dar El Imam, (Alger), une conférence débat sur .« Le rôle de l’Islam et de la communauté musulmane dans l’enrichissement de la cohabitation pacifique dans la société française en particulier, et en Occident de manière générale »

C’est en réponse au débat sur la laïcité en France, initié par le parti de la majorité, l’Union pour un mouvement populaire. La position de l’Association du 8-Mai 1945 concernant le débat sur la laïcité est claire. Il ne s’agit que « d’une tentative de l’UMP d’influencer l’opinion publique et de récupérer les voix du Front National après la défaite essuyée lors des élections cantonales », a déclaré M. Nouredine Boukhrissa, le président de l’association, jugeant grave que le débat « censé concerner toutes les religions se focalise uniquement sur les musulmans et sur les Algériens en particulier », les musulmans étant devenus un moyen de gagner en notoriété selon lui. M. Boukhrissa a également regretté le deux poids deux mesures dans l’application des lois relatives à la laïcité, rappelant la non-application des lois interdisant à l’Etat de s’approprier les biens des musulmans en Algérie sous occupation française alors qu’elles étaient appliquées en France.

L’apport des immigrés musulmans

« On a refusé d’appliquer cette loi dans les années 1940 sur les musulmans d’Algérie et on cherche aujourd’hui à l’appliquer sur les musulmans de France en particulier » a-t-il martelé. La conférence était l’occasion de rappeler que les immigrés musulmans et africains ont beaucoup apporté à la France, « mais maintenant qu’on n’a plus autant besoin d’eux, on les traite comme des sujets de non-droit », déplore M. Boukhrissa. « Il reste beaucoup à faire concernant des questions qui lient les deux pays, notamment la loi du 23 juillet, l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, ou encore la reconnaissance et l’indemnisation des Algériens mobilisés pendant les deux guerres mondiales », a ajouté M. Boukhrissa, tout en regrettant l’absence de positions politiques algériennes fermes permettant de faire valoir les droits des citoyens algériens.

B.M. Avec El Watan

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