Qu’est qu’un militant du pags ? Je vais oser une réponse. Peut être une caricature. Tu me donneras ton avis. C’est un individu qui écoutait souvent J. Ferrat chanter Aragon. Percevait t-il ce qu’il entendait ? Je ne le pense pas. Il était à l’opposé de la liberté. Pouvait-il apprécier le sens du poème ? Sûrement pas, il était dépourvu de sensibilité. Il était en quête permanente de rapports de pouvoir. Dominer ou se soumettre. J’ai vu des pagsôts faire les guendouzes. J’ai vu donc les autres jouer aux chefs, aux maîtres. Les postures qu’ils adoptaient et les airs qu’ils se donnaient étaient tirés des registres des bachaghas et des commis. Sidi ou khadem. Son passage à l’université était une éternité. Son calendrier était arrosé de vin et de sperme. Du plaisir jusqu’à la nausée. Autant il était superficiel autant il se donnait l’air de quelqu’un qui faisait tourner l’horloge universelle. Sans sa volonté la terre s’arrêterait de tourner. Il avait le regard et le geste d’un membre de l’orchestre rouge. Il était nul en marxisme. Il ronronnait une espèce de rai fait d’un galimatias mal articulé autour de la voie non capitaliste, les taches d’édifications nationales et la révolution nationale démocratique. Il avait une capacité déconcertante à répéter, sans gène aucune, une litanie que ses fournisseurs lui ont apprise. Dès que tu relevais une contradiction dans son délire, il te reprochait ton gauchisme. Il te culpabilisait et te mettait dans une situation défensive. Une technique imparable devant des idiots qui se mettaient à se justifier.
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Abdelkrim Badjadja
Consultant en Archivistique
