Le Matin d'Algérie

"Kadhafi pense encore pouvoir gagner"

Quel sera l’issue de cette guerre ? Jeudi matin, personne ne pourvait s’aventurer à le dire avec précision.

Parmi les réservés, Berlusconi. Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi estime qu’il est trop tôt pour tenter une médiation dans le conflit en Libye car le colonel Mouammar Kadhafi pense encore pouvoir gagner, dans une interview jeudi au quotidien Corriere della Sera. «En ce moment, personne ne peut rien dire avec certitude sur l’issue et la durée de la mission. Il me semble que le moment n’est pas encore mûr pour une médiation. (Le Premier ministre russe) Vladimir Poutine pense la même chose. Kadhafi pense encore pouvoir gagner car il contrôle complètement la capitale» Tripoli, a dit Silvio Berlusconi.

Les Français, eux, sont bien plus optimistes. «Le combat de Kadhafi n’a pas d’issue», estime le ministre de la Défense, Gérard Longuet dans une interview sur Europe 1. «Ses soldats sont en train de se rendre compte, on le sait au travers des écoutes, que le combat de Kadhafi n’a pas d’issue. C’est un facteur psychologique extrêmement important. On sent que ça vacille chez eux». M. Longuet qualifie de «décisif» le résultat des frappes aériennes. «La seule difficulté technique que nous rencontrons c’est lorsque les combattants sont mêlés. Il est évident que le risque de dommage collatéral est tellement élevé que nous ne pouvons pas intervenir».

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé : «nous allons continuer les frappes aériennes». «Nous ciblons sur les moyens militaires et sur rien d’autre», affirme le ministre sur RTL. «Cela va continuer le temps nécessaire», ajoute-t-il en rappelant que l’objectif est de «protéger les populations civiles». Le but de l’opération militaire rappelle Alain Juppé n’est pas de s’enliser. «Ce n’est pas l’Afghanistan ou l’Irak», insiste le ministre. Alain Juppé explique : «Je suis convaincu qu’à Tripoli certains commencent à se poser des questions… est-ce qu’on peut continuer avec un dictateur, je ne vais pas utiliser des termes excessifs, mais fou ?» «Je n’imagine pas, après ce qui s’est passé et ce qui se passe dans le monde arabe, qu’un régime incarné par une telle personne puisse perdurer, mais nous voulons que ce soient les Libyens qui le décident».

D.F.

Quitter la version mobile