Le Matin d'Algérie

Pourquoi je ne crois pas à une Irakisation de l’Algérie ?

Je ne crois pas à une Irakisation de l’Algérie, et ce, pour les raisons suivantes :

1-Notre pays a pu faire face, durant plus de 10 ans, à de nombreuses tentatives de destabilisation (terrorisme massif, interférences et manipulations étrangères, enclavement politico diplomatique…) dans un contexte économique et financier extrêmement contrariant et hostile (cessation de paiement, rééchelonnement, actions de désinformation émanant de la Coface, PAS/FMI…).

2-Précisément, le contexte a changé : la menace terroriste, après une timide « délocalisation » est devenue mondiale, internationale.

Aucun pays n’est à l’abri d’un attentat suicide ni des effets collatéraux d’une action terroriste contre des pays voisins ; Dans ces conditions et par analogie à la décennie noire, l’Algérie n’est plus seule dans sa lutte antiterroriste.En tout cas, elle est moins isolée.

3-Du fait de la mondialisation du fléau terroriste, on peut soutenir l’idée selon laquelle la coopération deviendra une nécessité ; elle est déjà une réalité, se traduisant par des échanges de toutes sortes entre les services des pays concernés ;

4-Une « implosion » de l’Algérie n’intéresserait pas les pays riverains de la méditerranée qui sont eux-mêmes sous la menace d’Al QAIDA (cf les attentats de Madrid et la menace qui plane sur la France).

5-Sur l’axe Paris-Tel Aviv-Washington, on peut épiloguer tant qu’on voudra ; cela ne devrait pas nous faire oublier l’existence d’une importante coopération économique algéro française et algéro américaine ; pour l’heure, rien n’indique que cette coopération décline, bien au contraire. Des contrats d’envergure sont signés assez périodiquement dans ce cadre. Les intérêts des pays respectifs semblent équilibrés, en tout cas préservés.

6-Sur le contenu des hypothèses de travail, il ne faut certes rien négliger ; il convient de théoriser le maximum de perspectives, mais une telle démarche n’est pas réductible aux seules convoitises que l’Algérie suscite ; elle devrait s’étendre à toutes les problématiques susceptibles de présenter des implications (y compris positives) sur notre économie, notre avenir.

Le projet d’Union méditerranéenne ne devrait pas nous faire peur ; il faut le thématiser (ce que nous n’avons toujours pas fait) ou, à défaut, le mettre en concurrence avec d’autres alternatives. Il nous appartient de réfléchir à ces alternatives humblement, en respectant les arguments des uns et des autres.

7-Avec un potentiel de 200 milliards de dollars (je dis bien 200 milliards de dollars), nous devrions pouvoir placer durablement notre pays sur la trajectoire du développement. Il s’agit donc de rentabiliser économiquement, stratégiquement et politiquement ce potentiel ; il faut proposer des modes opératoires et sortir des constats sur lesquels tout le monde ou presque est d’accord, mais qui ne font pas avancer le débat. On pourra évidemment revenir sur les modes opératoires.

Batni T.

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