Pour ceux qui désirent avoir une illustration de la déliquescence de l’Etat algérien sous Bouteflika, ce qui se passe aujourd’hui à Air Algérie devrait être édifiant.
Voilà en effet, une des plus grandes compagnies algériennes dont on discute du sort du directeur général, M. Bouabdellah, dans les cafés, et dont on apprend qu’elle est livrée à une lutte de « lobbies » qui auraient réussi à imposer un « directeur parallèle ».
Tout a commencé donc dans les cafés : des informations font le tour d’Alger, annonçant M. Bouabdellah partant de la compagnie nationale. Certains cadres et travailleurs de l’entreprise ont même affirmé que Bouabdellah a été relevé de ses fonctions. Pour d’autres, il aurait remis sa démission au président de la République qui l’a refusé.
Voilà que M. Bouabdellah lui-même, nous apprend dans El-Khabar, qu’un «responsable d’une structure dépendant du 1er ministère s’est autoproclamé directeur parallèle»
Directeur parallèle ? Qui est donc ce personnage obscur qui aurait tant de pouvoir ? M. Bouabdellah, le DG d’Air Algérie, répond par une litote : il serait membre de lobbies qui voudraient imposer «une situation d’instabilité au sein de la compagnie ».
Un putsch en quelque sorte. Et commemnt s’y prend on ? M. Bouabdellah nous le dit : «Ce responsable qui se dit influent a mobilisé des pilotes et des travailleurs d’Air Algérie pour mener des grèves et des mouvements de protestation pour paralyser les activités de la compagnie et afin de m’obliger à démissionner ».
Vaillant, M. Bouabdellah avertit qu’il ne va pas se soumettre aux « pressions et complots » et que ses opposants ne pourront pas le pousser à la démission.
Mais alors, que fait l’Etat ? Que fait le président ?
C’est bien le cas de le dire : existe-t-il un pilote dans l’avion ?
Ne serait-ce pas le scénario, à petite échelle, de ce qui attend le pays ? Un pays sans tête…
K.L.
