Le Matin d'Algérie

LES LEÇONS DES EMEUTES : 3. LA REPUBLIQUE DES AVENTURIERS

Passons aux grandes envolées d’esprit sur les convictions du personnage et ses talents tactiques étalés au grand jour, et commençons par les convictions. Le « On » qui en français ne remplace le nous que par dérision pour désigner un autre groupe, ou chez les locuteurs de la variante basse de cette langue, étant censé dans ce cas précis designer le reste de la bande à Bonnot, leur vision de la démocratie n’étant un secret pour personne, et n’honorant pas ses détenteurs, le Monsieur apporte quand même un approfondissement de sa théorie sur une forme de despotisme éclairé qu’il perçoit dans le règne de Bouteflika.

Pour le despotisme je suis à peu près d’accord mais avec des nuances, car si l’envie despotique du personnage crève les yeux, ses déboires depuis son arrivée et sa mine actuelle plaident plutôt pour une oligarchie gérontocratique et Kleptocratique, qui ne laisse pas grande place aux ambitions démesurées d’un repêché de l’histoire.

Pour le coté éclairage, il faut plutôt penser à illuminé, vu ses réactions de renard ébloui par les projecteurs et qui ne sait plus s’il faut fuir ou avancer dans les buissons. Tous les échecs, du personnage depuis son arrivée au pouvoir, y compris dans la recherche d’une sortie sans casse, et la reprise en main de ce qui nous sert d’économie par le plombier Ouyahia, et les résultats conjugués des actions des uns et des autres dans le marasme national généralisé, ne découragent pas le Sieur Ould Kablia de persister à nous fourguer son pseudo guide en lieu et place de démocratie, avec le fameux plan de dilapidation nationale de 286 Milliards de Dollars présenté comme une sorte de Dot apportée de chez la famille du prétendant au trône. La Démocratie, n’est pas une théorie ou un avis pour que chacun décide de son utilité ou non, pas plus que la liberté n’est une option pour décider de l’installer dans la vie des gens ou de l’éliminer, surtout quand on parle au nom d’un « ON » aussi imprononçable à ce niveau de responsabilité qu’indéfini. La démocratie est l’exact contraire du despotisme, comme la liberté est l’exact contraire de la servitude, il en va de même pour la propreté et la saleté, le bien et le mal, la vérité et le mensonge, la méchanceté et la bonté ETC.., ceux qui les refusent aux autres sont l’exact contraire de tout le reste de la liste qui est ouverte à plus l’infini depuis que le monde est monde. Ceux qui refusent la liberté à des hommes nés libres, ne se rendent pas compte de ce qu’ils disent, ils s’insultent sans le savoir, les hommes libres le sont comme l’air même en prison, et les serviles ne seront jamais libres même à la tête du monde, ils passent à côté de leur vie en croyant compenser cette liberté qui leur manque, en empoisonnant celle de ceux qui n’ont pas besoin de leur avis pour être libres. Chacun son monde, et Monsieur le Ministre se réfère certainement à la pseudo opposition à portée de ses services qui attend un agrément pour s’opposer, en la croyant représentative de la société. Ce pays n’est pas soumis à une dictature, il est attaqué de tous les côtés par des bandes rivales, et aucune bande n’a pu imposer sa loi, car c’est un pays d’hommes libres par nature, qui réagissent individuellement et collectivement chaque fois que l’indécence des parvenus va trop loin et qui attend le bon moment pour leur faire payer leurs forfaitures. C’est aussi simple que cela. Déclarer publiquement que les « ON » ne croient pas à la Démocratie, rend tous leurs documents officiels caducs y compris les Biométriques, dans la mesure où il porte tous une expression que ce monsieur a récusé sans cligner des yeux : Démocratique et Populaire. Voilà ou mène le refus de la démocratie chez les « ON », un abaissement de niveau tel qu’un personnage puisse annoncer publiquement la fin d’une illusion officielle et constitutionnelle, en les engageant tous sans les consulter. Ayant compris que toutes les convictions du Monsieur se résument à un refus de la liberté et de la démocratie, qui en disent long sur son cheminement et sa véritable stature, il ya lieu de passer à ses talents tactiques. Tactiques « Économiques » de Monsieur Ould Kablia

Dans la république des aventuriers, le ministre de l’intérieur se pique d’appliquer des tactiques de flic au domaine économiques, qui une fois en contact avec les théories mécaniques de l’autre technocrate appliquées au même domaine donnent les résultats visibles à l’œil nu, ou les grossistes et autres import forcent un ministre de la jeunesse et du foot Ball à participer à un conclave de défiscalisation. Considérant le commerce informel comme une sorte de chasse au sanglier, il se pique de le prendre de flan en n’engageant que les batailles qu’il peut gagner, ceci pour le grade de son chef qui lui engage tous les fronts en même temps sans vérifier même la fidélité de ses troupes. Dans toute cette choucroute rassie, point de stratégie économique ni même de finalité concrète, l’essentiel étant pour chacun de montrer l’étendue de ses talents dans le sabordage du Titanic vert et blanc. Après le dogmatique qui veut planter des pastèques et limitant l’eau dans le désert, nous avons le tacticien qui innove en inventant le tuyau à respirer l’eau après son arrivée aux champs pour que la pastèque n’y voie que du feu. Et pousse quand même par effet placebo. À prendre les gens pour ce qu’ils ne sont pas, on ne fait que confirmer ce qu’ils pensent qu’on est. Cette dernière phrase est à méditer par tous les concernés par le fameux ON, qu’on devrait dorénavant qualifier de bande de ON. Dans aucun système au monde même chez les singes de Papouasie, les flicards ni les scribouillards d’officine n’ont eu à gérer une économie sans que celle-ci ne tourne en java, au profit exclusif des vrais malins qui encouragent même ce genre de fumisterie comme nos picsou nationaux et les flairsou internationaux. Un système économique, est un mécanisme lourd et complexe, qui doit entrainer une structure plus lourde et plus complexe que lui : La société et non pas l’état qui lui est tableau de bord et non une finalité en soi. Et comme tous les mécanismes, il doit être élaboré par des spécialistes de la précision en fonction de la structure à mouvoir, du terrain et de la destination que l’on se fixe. Ceci pour la stratégie. Il arrive que dans le mouvement de l’ensemble, un pignon grippe ou se détériore au point de tourner dans le vide empêchant la communication du mouvement, c’est un incident endogène, qui appelle une réparation, et il arrive que des obstacles ou des configurations de terrain apparaissent en cours de route, et c’est un incident exogène et cela appelle l’intervention d’un bon pilote ou d’une déblayeuse selon l’importance de l’obstacle. Cela pour le volet tactique. Quant aux parties de cachecache avec des sous-produits de la misère intellectuelle et morale du régime, dans les ruelles d’un souk qui répond à un besoin palliatif d’une carence officielle dans un domaine donné, ce n’est pas de la tactique c’est de la réduction de niveau à tendre vers moins l’infini. Tout autant pour la stratégie qui prétend faire demi-tour dans une descente escarpée à pleine charge sans rétroviseurs, avec une boite cassée, parce que le nouveau pilote a entendu parler d’une nouvelle route. La seule conclusion qui s’impose d’elle-même à travers la tournure prise par les évènements depuis l’entame du troisième mandat, et surtout à la lumière des derniers évènements et grâce à l’éclairage précieux apporté par les différents intervenant dans la mayonnaise nationale, est qu’il n ya pas plus d’état que d’économie. C’est une véritable cour des miracles ou mêmes l’illusion n’est plus entretenue, comme à une certaine époque. L’économie réduite à un circuit de distribution de victuailles, et de prédation à tous les niveaux, est gérée au jour le jour, parfois sous les injonctions des rentiers en Battle-dress, d’autres fois sous la pression des copains et des coquins de l’ex ou future terre d’exil, est rectifiée sous la menace d’une autre variété qui plus au courant du circuit, sait créer le couac qui la rend indispensable ou en position de force. Il manquait la tactique du flic en chef pour la transformer en marché au voleur dans le style des mille et une nuits. L’état, victime depuis sa naissance des même personnages qui on apparemment fait la même crèche qu’Al Capone, n’a jamais été réellement un état au sens noble du terme, mais là c’est le cirque sans le filet de sécurité et avec des trapézistes aveugles pour certains et estropiés pour le reste. N’importe qui peut prendre n’importe quelle décision et faire n’importe quelle déclaration dans le mutisme absolu de celui qui sait tout, l’omniscient l’omnipotent sans lequel même une zerda est maudite si elle n’invoque pas sa Riaaya. Le reste des fossoyeurs de l’état, représentés par les Barbouzes en exercices, croit damer le pion à ses ex copains de caserne en se substituant à la loi et aux institutions, par une espèce de dédoublement des structures ou on n’arrive plus à discerner l’objet du leurre, en faisant de l’état lui-même un leurre qui ne bluffe plus personne même ses courtisans. Le constat n’est pas si catastrophique que cela, et ne doit pas favoriser cette espèce de panique effective ou feinte qui pousse tout le monde à courir derrière d’autres leurres aussi dangereux que les présents, ou de vraies émeutes même légitimes sont prises pour un projet de renouveau immédiat, et de vrais échecs même objectifs sont pris pour des défaites irréversibles.

AEGIS63

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