L’écrivain nouvellement nommé à la tête du Centre culturel algérien de Paris, a accordé un entretien au journal algérien « Le Financier » dans lequel il s’exprime sur la censure de « Les geôles d’Alger ».
Question : Mohamed Benchicou vient de publier un livre, «Les geôles d’Alger», dans lequel il raconte ses conditions de détention en prison, soutenu entre autres par l’écrivain Boualem Sansal. Tous deux dénoncent la censure dont leurs livres font objets. Auront-ils dorénavant le droit de cité au CCA de Paris?
Yasmina Khadra : Mohamed Benchicou est mon ami. Il a été l’un des rares journalistes algériens à m’avoir défendu du temps où tout le monde se liguait contre moi en France. Par reconnaissance et amitié, j’ai accepté d’écrire pour son journal alors que j’avais refusé des propositions assez alléchantes en Europe. Personnellement, je préfère qu’on lave notre linge en famille plutôt que d’aller se torcher devant des étrangers. Mais je sais qu’il ne me demandera pas de se produire au CCA pour débattre des «Geôles d’Alger». Pas avant que je me sois installé et aie fixé l’orientation que je souhaiterais donner au Centre. Je ferais tout mon possible pour que les Algériens puissent intervenir librement au CCA.
