Le témoignage d’un supporter de l’équipe de football du CRB en déplacement à Bordj Bou Arreridj pour disputer un match contre l’équipe locale. Des jeunes ont été blessés, lors d’échauffourées qui ont entaché la fin de cette rencontre. Le supporter relève la défaillance du service de l’ordre et des secours.
»Pour parler un petit peu de ce match ou plutôt de cette guerre parce que moi personnellement je n’ai pas vu de foot hier, j’ai vu toute une ville mobilisée pour avoir les trois points du match et ils ont tout programmé. A commencer par l’équipe, les dirigeants, les supporters, la police et le tribunal, kouléche kan makhdoum… Notre public était décidé à se déplacer en nombre pour soutenir l’équipe vus les bons résultats des journées précédentes. On était quelques 800 supporters avec une très bonne ambiance, décidés à revenir avec les trois points du match. Mais surprise, l’entrée du stade est gratuite avec pour résultat la plus forte affluence de supporters depuis le début de saison pour cette rencontre CRB (Chabab Ryadhi de Belcourt) – CABBA (Club Athlétique de Bordj Bou Aréridj). Tout avait bien commencé pour nous même si on avait essuyé quelques jets de pierres sur notre tribune juste avant le match, puis vint le but de Slimani et les pierres bdaw yzidou ghir bla3kal, jusqu’à la mi-temps, début d’un « caillassage » soutenu. Quelques uns de nos supporters tentaient de s’abriter des pierres tandis que d’autres forcément ripostaient avec les projectiles qu’on recevait. ça a duré plus de dix minutes sous le regard du service d’ordre. Nos supporters ont alors forcé la porte qui donne accès au stade et on est tous entrés sur la pelouse toujours sous les jets de pierres des supporters Bordjiens.
Un groupe de nos fans ont réussi à accéder aux vestiaires et ont demandé aux joueurs de ne pas reprendre le match. D’ailleurs les joueurs n’étaient pas trop chaud pour reprendre la partie…..C’est alors que le service d’ordre a réagi en enfermant ces supporters jusqu’à l’arrivée des fourgons de police qui les ont conduits au commissariat. D’autres policiers nous ont forcés à remonter dans notre tribune toujours sous les jets de projectiles….. Quelques minutes après la reprise du match , plus précisément juste avant le penalty offert à l’équipe locale, les policiers chargés du service d’ordre nous ont ordonné de quitter le stade en nous assurant qu’ils allaient nous escorter et qu’il n’y avait rien à craindre pour notre sécurité. Après 200 mètres de marche, le vrai cauchemar a commencé .On tombe sur des centaines de supporters Bordjiens qui nous attendaient devant le rond point, avec des pierres, des couteaux et autres armes blanches. Au même moment, les policiers s’étaient retirés et assistaient de loin au traquenard ….
On n’avait pas d’autres choix que de courir vers l’autoroute. Une course de 5 km sur une autoroute déserte avec le risque de faux barrages et autres embuscades. J’ai vu de mes yeux plusieurs chababistes se faire poignarder. Personnellement, je l’ai échappé belle. A force de courir je n’en pouvais plus, hkamni un point de coté et j’ai commencé à vomir hachakoum, lorsque un type armé d’une épée se dirige tout droit vers moi. Je ne l’avais pas vu. Heureusement pour moi, un autre supporteur qui était derrière moi en course m’a couvert et a reçu un coup à la cuisse. El hamdoulillah et tant mieux pour nous, c’est à ce moment qu’un bus transportant des chababistes est arrivé et a pris en charge le blessé. Quant à moi, j’ai été secouru par des passagers d’une voiture qui m’ont accompagné jusqu’au rond point de la nouvelle autoroute qui se trouve à 5km du stade et où il devait y avoir un barrage fixe des gendarmes. C’est là que tous les bus et voitures étaient garés pour être plus en sécurité. Mais là encore, grande surprise, les gendarmes ont pris la fuite quand ils ont vu les supporters Braydjia arriver en nombre à 500 mètres. Nous avons été obligés alors de nous diriger vers la nouvelle autoroute où on a dû attendre les autres supporters qui commençaient à nous rejoindre un par un et par petits groupes. Tous étaient fatigués et choqués de ce qui s’était passé. Ya din errab y’avait des IKHWA belahya wel kamiss, des vrais chauvins 3la el hamra qui sont venus avec nous, ya rab même hadouma ou ma salkouche puisque l’un d’eux a failli être poignardé malgré son âge avancé…. C’est quand on était à l’arrêt en plein autoroute et que commençaient à arriver les voitures de nos supporters qu’on a mesure la gravité du massacre. On a vu plusieurs jeunes poignardés ou bien blessés à la tête par des jets de pierre, parmi eux un petit jeune de 14 ans blessé à la jambe, et un autre qui a frôlé la mort ; il a reçu trois coups de couteau dont près du cœur. D’ailleurs netmenawlou chfa à El Hachemi. Le pire c’est que l’hôpital d’El Bordj a refusé de soigner ces blessés au prétexte qu’il y avait eu là bas aussi des problèmes de violence. Nos blessés ont dû attendre d’arriver à l’hôpital de Bouira pour bénéficier des premiers soins.
D’autre part, comme je l’avais dit, 80 supporters avaient été retenus au poste de police, Quatre d’entre eux, des amis à moi, ont été relâchés à minuit trente après avoir signé un PV. Les autres ont été gerdés.
Wellah ya khawti, on a vécu un vrai cauchemar. Ce matin , 6 supporters mineurs qui ont été libérés et les autres sont toujours là bas. On a frappé à toute les portes et rabi ya3lam chehal jrina lyoum. Il y a même des amis qui ont contacté Lefkir. Il a essayé d’aider ces jeunes innocents par le biais de ses contacts. Pour ma part j’ai contacté Kerbaj en lui demandant d’assumer ses responsabilités. D’après les derniers échos, on dit que les supporters seront libérés demain matin*. Avec quelques ami, nous feront le déplacement demain tôt le matin avec différentes voitures pour faire revenir avec nous le maximum de personnes et essayer d’aider les autres avec ce qu’on a. Inchallah bark que ça se fera demain car dans deux jour c’est l’Aid et les familles de ses personnes sont vraiment inquiètes, ad3ouna khawatna wenchallah fiha khir ou rabi yahdi ma khlak nchallah. »
Hamza un supporter du CRB
Ce témoignage nous est parvenu deux jours avant la fête de l’Aid el kebir