Abdelkader Tigha, considéré comme témoin clé dans l’affaire de l’assassinat des moines de Tibéhirine maintient ses déclarations concernant l’implication des services secrets algériens dans l’enlèvement des moines, qui aurait ensuite « dérapé » selon la station de radio française Europe 1.
Selon cet ancien militaire au service de recherches et d’investigations de Blida (près d’Alger) l’enlèvement des moines a été initié par les des services algériens, mais a par la suite » dérapé « . « Au moment où ils ont été transférés à la zone 2 du GIA, où ils ont changé de main, l’affaire a échappé aux services. Ils ne pouvaient plus rien faire », a expliqué Abdelkader Tigha d’après Europe 1. « (Les moines) ont alors été égorgés par l’émir de la Zone 2 à l’époque. C’était un engrenage. » a- t -il expliqué.
Le scénario initial, selon Tigha, était de laisser les moines aux mains du GIA, les libérer contre une rançon et faire passer les services pour les sauveurs. Quand les militaires ont appris le massacre des sept religieux, ils ont attendu deux semaines avant de partir à leurs recherches.
Cette version des faits est la même que fait Abdelkader Tigha depuis qu’il a décidé de parler mais a toujours été contestée par les autorités algériennes.
Rappelons que Tigha a été entendu jeudi dernier pendant 7 heures par le juge Trévidic aux pays bas où il réside.