La vente des actions des compagnies américaines Anadarko et Duke Energy, que détenait la Sonatrach depuis les années 80, reste une énigme totale. Rencontré jeudi 21 octobre à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Énergie et des Mines a refusé catégoriquement de commenter cette affaire.
Il est des sujets qu’il n’est pas bon d’évoquer avec le ministre de l’Energie et des Mines. L’affaire de la vente des actions détenues par la Sonatrach sur Anadarko et Duke Energy en fait partie. A la question de savoir si la compagnie nationale avait fait une bonne affaire en cédant ces actions, il répond sèchement : «C’est un point que je ne commenterai pas, si vous le permettez.» Face à notre insistance, Yousfi s’emporte. «Je ne veux pas répondre, ça me regarde. A moins que vous ne souhaitiez m’énerver. Je n’ai aucun commentaire à ce sujet !» Réaction pour le moins étrange de la part d’un ministre qui n’est lié ni de près ni de loin à cette vente. A moins que Yousfi n’ait agi de la sorte par «obligation de réserve» pour éviter de critiquer son prédécesseur, Chakib Khelil. Il est vrai que cette opération reste une véritable énigme. Il s’avère que la vente de ces actions avait été confiée à Rayan Asset Management, un fonds d’investissement créé quelques mois auparavant par un certain Farid Bédjaoui, neveu de l’ancien ministre et président du Conseil constitutionnel Ahmed Bédjaoui. Aujourd’hui encore, nul ne connaît la nature réelle de la relation entre la Sonatrach à Rayan Asset Management, ni même les raisons qui ont prévalu à sa désignation pour mener cette opération. De son côté, Chakib Khelil n’avait pas hésité à présenter cette vente «d’opération excellente». «Les fonds ont été restitués et on a fait un gain de 600 millions de dollars sur un investissement d’un milliard de dollars. Donc on a gagné pratiquement 60 % sur ces fonds (…) Ce qui est important de retenir, c’est que nous avons gagné 600 millions de dollars sur un milliard de dollars de placement. Et vous pouvez imaginer si on avait un peu plus d’argent, on aurait pu gagner un peu plus», avait déclaré, avec fierté, l’ex-ministre de l’Energie et des Mines 48 heures avant son limogeage. Mais à l’avenir, de telles opérations devraient être difficiles à mener. Jeudi, Youcef Yousfi a annoncé la mise en place de «procédures de contrôle du mode de gestion de la Sonatrach». «Nous sommes en train de mettre en place des moyens particuliers pour le renforcement des contrôles internes et du mode de gestion de la Sonatrach. Ces mesures visent à sécuriser les personnels et les responsables. Nous rendrons publiques ces mesures le moment venu.»
Source Le Soir d’Algérie
